Témoignages d'anciens combattants:
John Gellatly

Marine

  • John Gellatly (à l'extrémité gauche) avec sa femme lors d'une fête en Nouvelle Écosse en 1945.

    John Gellatly
  • Classe d'électricien de John Gellatly à Hamilton, mars 1944. Il est le 3ème à gauche dans le rang du haut.

    John Gellatly
  • John Gellatly (à droite) avec sa femme lors d'une soirée en Nouvelle Écosse, 1945.

    John Gellatly
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Quand ces grenades sous-marines explosaient c’était comme si vous étiez dans un baril à pétrole sur lequel quelqu’un tapait avec une masse."

Transcription

On est allés à Sydney [Nouvelle-Écosse]. On l’appelait [Empire] Protector (II). On faisait l’entretien des bateaux qui arrivaient au port. C’était ma première, c’était une base toute neuve, il y avait du linge neuf, tout était complètement neuf, c’était une bonne expérience. J’ai passé environ un an et demi là-bas. Je suis allé sur le [NCSM] Burlington pendant un petit bout de temps. Ensuite, je suis allé sur le [NCSM] Wallaceburg, on faisait la traversée du triangle et j’avais des fonctions d’escorte. On allait de Halifax à Terre-Neuve puis à New York et de retour à Halifax. Il y a eu deux violents orages qui m’ont fait assez peur. Le largage de grenades sous-marines. Mon poste de combat se trouvait dans la salle des machines et ça faisait plutôt peur quand ces grenades sous-marines explosaient. C’est pour ça que je porte un appareil auditif. Ça faisait peur. Je devais me tenir au tableau de contrôle parce que quand ils larguaient les grenades sous-marines, il y avait des chances qu’ils fassent sauter les disjoncteurs et comme le gyro et le compas devaient continuer à fonctionner, je devais être là pour remettre les disjoncteurs en place. Quand ces grenades sous-marines explosaient c’était comme si vous étiez dans un baril à pétrole sur lequel quelqu’un tapait avec une masse. C’était comme ça. Une fois, quelqu’un a remarqué quelque chose dans l’eau et ils ne voyaient pas ce que c’était, ça bougeait. Ils l’ont encerclé. Ça c’est vraiment drôle. Ils l’ont encerclé et ils s’en sont approchés de plus en plus. Quand ils l’ont atteint, ils ont vu un matelas avec des poissons qui le faisaient bouger, c’est tout ce que c’était. C’est devenu une blague sur le bateau. Ce gros bateau qui faisait des cercles autour de cette chose, un matelas avec des poissons. On a eu des bons moments sur le bateau. Il y avait un gars sur notre navire, il était là depuis un bout de temps, il avait pris part à des combats et il avait été atteint à la tête d’une manière ou d’une autre. Quand on allait dans les ports - on mettait toujours beaucoup de rhum de côté - il buvait tout. Il s’habillait bien, buvait son rhum et retournait dans la couchette. Il était tellement saoul qu’il ne pouvait pas se relever. Il faisait ça à chaque fois. Oui, il y avait beaucoup de phénomènes. Je me souviens d’un gars, sa fiancée lui avait envoyé un beau chandail pour Noël. Il l’a emmené en bas et l’a mis dans la machine à laver. Quand il l’a ressorti, il avait la taille parfaite pour habiller une poupée. Quand on a débarqué à New York, on a été logés à l’Hôtel Pierre. Quand on est arrivés là-bas, on est entrés, ils avaient préparé toutes les tables avec une grande chope de bière au milieu et deux filles à chaque table. On nous a assigné une table. Vous aviez le droit de vous asseoir avec les filles et de danser avec elles mais vous ne pouviez pas les emmener chez vous. Ça rendait certains gars malades mais ça faisait partie du contrat. Il y avait un grand orchestre et on a eu un beau repas après. C’est un de mes souvenirs de New York. La deuxième fois que je suis allé là-bas, j’ai pris un congé, je suis rentré chez moi [à London, Ontario]. J’ai sauté dans un train et il est arrivé à Saint Thomas et j’ai juste, personne ne savait que je venais, donc je suis entré et oh, me voici. Ils sont presque tombés à la renverse.
Follow us