Témoignages d'anciens combattants:
Margarita “Madge” Trull (née Janes)

Marine

  • Portrait de Madge Trull pris en permission à Bournemouth, Angleterre, en octobre 1943.

    Margarita "Madge" Trull
  • Madge Trull et sa famille. De gauche à droite: Dick (Henry Arthur) Janes, Marine Marchande, Jean (Janes) Winkler, WREN, Madge (Janes) Trull, Archie Franklin (Boyn) Janes, RAF.

    Margarita "Madge" Trull
  • A gauche, Madge Trull, sa soeur Jean Winkler (WREN), ses amis Joan et Margorie Cawlwell (WREN). Portrait de groupe pris dans les quartiers de la WREN à Stanmore, Middlesex, Angleterre.

    Margarita Trull
  • De gauche à droite: Coney Taylor, une ami canadienne, Jean, la soeur de Madge, Madge et son mari John C. Trull, un pilote avec l'ARC.

    Margarita "Madge" Trull
  • À gauche à droite, John Trull, Madge Trull, et sa soeur Jean à Londres, Angleterre.

    Margarita "Madge" Trull
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"À l’époque, si nous disions quoi que ce soit, nous courions le risque d’être envoyées en camp de détention ou…on nous disait…d’être fusillées! Nous faisons donc très attention pour ne rien dire à personne"

Transcription

Je m’appelle Margarita Francesca (Janes) Trull. J’étais l’épouse du Capitaine de l’aviation John C. Trull, Aviation canadienne. Je suis née en Amérique du Sud, au Chili, de parents anglais, et je suis rentrée au pays quand j’avais trois ans, donc j’ai eu une éducation à l’anglaise. On m’appelait Madge, mais je me suis enrôlée aux WRENS comme Mlle Janes, avec ma sœur Jean Janes, ou «Jeannie», comme je l’avais baptisée. Nous sommes allées toutes les deux à Portsmouth, Angleterre, pour nous enrôler dans le Women’s Royal Naval Service. J’avais voulu être infirmière, mais il n’y avait plus de places. Néanmoins, ils nous ont acceptées dans les WRENS, et j’en étais ravie, car j’aimais beaucoup cet organisme.

À Eastcote, nous avons suivi une formation de… cryptologiste : je ne me souviens pas du terme exact; c’était quelque chose comme ça. Nous étions censées être connues tout simplement comme «rédactrices»; c’était un travail très secret. Sur mes documents de libération, j’étais désignée comme «rédactrice de renseignements», et «rédactrice» était synonyme de «secrétaire». Or, je n’avais jamais été secrétaire; je n’avais aucune idée ce que faisait une secrétaire. Ces jours-ci, le service est désigné comme ULTRA secret.

Après Eastcote, nous sommes allées à Stanmore, où nous décryptions des messages allemands ; je sais que vous avez entendu parler de l’« Enigma»; c’est le genre de travail que nous faisions. Avant de commencer cet emploi, nous avons prêté serment dans le cadre de la Loi des secrets de guerre, qui avait une échéance de quatre-vingt-dix ans. Je n’y suis pas encore arrivée, et il y a certains détails qu’il faut passer sous silence. Je ne suis jamais sûre à cent pourcent ce que je peux divulguer et ce que je ne le peux pas. À l’époque, si nous disions quoi que ce soit, nous courions le risque d’être envoyées en camp de détention ou…on nous disait…d’être fusillées! Nous faisons donc très attention pour ne rien dire à personne. Ma mère est morte sans apprendre ce que je faisais dans la vie.

Puis, quand nous étions à Stanmore, nous travaillions dans des installations qui s’appelaient des «travées». Et dans ces «travées» se trouvaient d’énormes machines qui s’appelaient des «bombes». Celles-ci étaient une espèce d’appareil mécanique, pour ainsi dire. Elles étaient très grandes. Et très, très bruyantes. Elles étaient équipées de barils, et ces barils comportaient un faisceau de fils. Mais si l’un des fils entrecoupait un autre, tout le système de décryptage tombait en panne. Donc nous devions faire attention à ce que tout soit bien en place et en bon état de fonctionnement. Ça nous tapait sur les nerfs, même si nous étions assez jeunes et fortes. Quand nous pensions avoir décrypté quelque chose – les machines nous ont servi à ce titre, mais nous étions responsables de la configuration et de la gestion de ces dernières – nous devions alors entrer dans un petit local qui contenait une machine qui ressemblait à l’«Enigma», et travailler le code. Or, nous n’avions pas le droit de lire les messages codés; ils étaient acheminés à Bletchley Park par un messager de l’Armée ou du service en question. Nous n’avions pas beaucoup d’infos à l’époque, mais j’en ai beaucoup appris par la suite.

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