Témoignages d'anciens combattants:
Philip George Bissell

Marine

  • Écusson du HMCS Prince Robert, 1940.

    Philip Bissell
  • Au moment de sa retraite en 1976, Philip Bissell a serré la main de l'Amiral Collier.

    Philip Bissell
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"« Ils crevaient tous de faim. Ils venaient chaque jour pour avoir à manger et nos cuisiniers travaillaient 24 heures sur 24. C’est tout ce qu’ils faisaient, préparer à manger et cuire le pain. »"

Transcription

Le [NCSM] Prince Robert, un des premiers ordres qu’on a reçus, tout l’équipage du bateau, y compris les officiers, devait aller à Comox sur l’île de Vancouver, qui était connue à l’époque sous le nom de Givenchy III, je crois. L’entraînement portait sur le combat à mains nues et c’était déjà une école amphibie. Mais le combat à mains nues c’est quand on a dû apprendre le judo et comment tuer des gens sans utiliser d’armes. En plus des cours de judo, on faisait aussi tous les jours le parcours du combattant et on faisait du tir avec un nombre incroyable d’armes, toujours des armes légères. La plus grande était une mitrailleuse et ensuite ça descendait jusqu’au revolver.

On a fini par partir à Sydney en Australie. Juste avant qu’on arrive à Sydney, oh, on s’est d’abord arrêté à Hawaii – les bombes atomiques avaient été larguées sur Hiroshima et Nagasaki [Japon], ce qui a en fait mis fin à la guerre. Et il y avait de grandes célébrations là-bas, les gens qui criaient et qui faisaient la fête à Sydney en Australie mais on s’était enrôlé dans la British [Pacific] Fleet et il y avait deux groupes, un est allé à … Singapore et le groupe dont je faisais partie était dans – portes-avions, croiseurs, cuirassés et destroyers – on était dans ce groupe et on avait eu une réunion finale avec tous les commandants d’unités qui étaient au port de Manille, dans les Philippines. Ensuite, à la réunion suivante, la scission a eu lieu et certains sont allés à Singapore et on est allé directement... On était les seuls bateaux à aller dans Hong Kong du côté de Kowloon.

Donc on était chargé de faire débarquer directement les gens là-bas, et désarmé les Japonais et défendu la ville de Kowloon [sic]. On était trois équipes à se relayer donc ça a continué jour et nuit. On nous a donné l’ordre d’aller dans une île du port appelée l’île de Stonecutters. C’était l’endroit où les Britanniques avaient leurs munitions navales. Il y avait une menace selon laquelle des pirates descendraient du nord; ce serait des pirates chinois à la recherche de munitions. Donc, ancré le bateau, et on y est allé en bateau, assurer une protection de l’île 24 h sur 24. La seule chose intéressante; la plupart des ordres pour faire quelque chose dans la marine à cette époque étaient assez longs, pas comme maintenant – mais assez longs. Dans ce cas-là, il n’y avait qu’une petite demi page, étant donné ce qu’on était sensé faire. On avait la permission de tirer sans avertir sur tout ce qui était dans un rayon de 200 m environ de cette île, à l’exception de notre propre bateau. Et c’était pour qu’aucune hésitation ne nous arrête.

Le traité final [la capitulation du Japon] a finalement été signé [pour le Canada] par notre capitaine [le commandant du NCSM Prince Robert] Capitaine [Wallace] Creery. Les prisonniers de guerre qui étaient dans un état épouvantable, sont descendus de – du côté de Kowloon il y avait les baraques militaires pour les prisonniers de guerre; les civils étaient sur l’île de Hong Kong. Et par eux-mêmes, certains avec des béquilles, ils ont fait tout le chemin jusqu’à notre bateau. Leurs côtes à tous ressortaient et ils n’avaient pas eu de soins médicaux. Les seuls soins médicaux qu’ils avaient reçus ils se les étaient donnés entre eux, ce qui était très minime. Et ils étaient tous affamés. Ils venaient tous les jours et ils étaient nourris; on a dû organiser trois équipes de cuisiniers qui se relayaient, c’est tout ce qu’ils faisaient, faire la cuisine et du pain. Ils venaient à bord, ils recevaient un pain entier, ils descendaient et allaient le manger mais ils volaient aussi tous nos couverts. On en avait plus que quatre et tout à coup, on s’en est rendu compte, alors on les a cachés.

Ceux qui étaient encore mobiles ont été embarqués sur le Empress of Australia. Ceux qui étaient blessés sont rentrés sur le bateau hôpital qui était ouvert à tous.

Follow us