Témoignages d'anciens combattants:
James Joseph “Jimmy” Curtis

Armée

  • M. James Curtis au Centre scientifique de santé de Sunnybrook, Toronto, Ontario, le 25 janvier 2010.

    Historica Canada
  • Médailles de service de James Curtis (de gauche à droite): Étoile 1939-45; Étoile d'Italie; Étoile France-Allemagne; Médaille de la Défense; Médaille du Service des Volontaires Canadiens; Médaille de la Victoire.

    James Curtis
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"Après la guerre, j’ai pu parler à des Allemands qui faisaient ce que je faisais et ils m’ont dit qu’ils n’avaient aucune idée."

Transcription

Ça prenait trois mois pour former un soldat. Ça a pris trois ans pour me former pour mon travail. J’étais une cible de choix et je pense que la raison pour laquelle j’ai survécu, mon copain depuis l’âge de six ans, jusqu’à ce qu’il meurt, quand on est allé outre-mer, son père, ils ont fait une fête de rue pour nous et son père avait été soldat pendant la Première Guerre mondiale. Il était tireur d’élite. Il nous a fait asseoir et nous a dit ce qu’il fallait faire et ce qu’il ne fallait pas faire pour avoir les meilleures chances de survie. Tout ce qu’il nous a appris valait de l’or. Vous voyez, personne ne tire sur une cible en mouvement parce que cela révèle sa position et la probabilité d’atteindre la cible est minime. Parce qu’il n’y a pas moyen, disons à 100 m, de savoir si un homme a une taille de six pieds ou de cinq pieds six pouces. À cette distance, il n’y a pas moyen de savoir. Donc quand vous tirez sur une cible, vous ne savez pas avec certitude sur quoi vous tirez. Le langage secret c’est qu’ils nous donnaient les codes du langage à utiliser. Ce qu’on a fait, parce que ce qu’ils nous avaient donné était trop facile et nous savions qu’ils [l’ennemi] le devineraient tout de suite, donc nous avons fait les changements nécessaires et nous n’avions aucune idée s’ils étaient bons. Après la guerre, j’ai pu parler à des Allemands qui faisaient ce que je faisais et ils m’ont dit qu’ils n’avaient aucune idée. Ils n’avaient aucune idée de ce que nous faisions. Ils cherchaient quelque chose de très compliqué et ce n’était pas compliqué, c’était très simple. Mais ça avait l’air compliqué. Il y avait les lettres ABC et C devenait A et A devenait C. C’est comme ça que ça commençait. Par la suite, ça se compliquait. Vous pourriez penser que quelque chose comme ça est trop compliqué pour être utile mais ce n’était pas le cas. Notre système de communication, on pouvait communiquer par ligne téléphonique ou par signaux radio et ainsi de suite et ce dont on s’est rendu compte c’est que tout allait tellement vite, que lorsque l’information était transmise, elle n’était déjà plus valable. C’était dépassé. Alors on s’est dit à quoi sert de perdre tout ce temps en faisant compliqué? Restons simple et avançons. Et ça a parfaitement bien marché parce que comme je le disais, quand on leur en a parlé, ils n’ont jamais rien détecté parce que pendant tout ce temps ils cherchaient quelque chose de très compliqué alors que c’était juste sous leur nez. Ils n’y comprenaient rien.
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