Témoignages d'anciens combattants:
Margaret Ellis

Armée

  • Visa de mariée de guerre de Margaret Ellis, 1945.

    Margaret Ellis
  • Visa de mariée de guerre de Margaret Ellis, 1945.

    Margaret Ellis
  • Margaret Ellis, 1943.

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  • Margaret Ellis, 1941.

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  • Insignes d'épaules appartenant à Margaret Ellis.

    Margaret Ellis
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"O« Nous étions sur le pont de Londres et regardions les bombes tomber sur les docks, et les flammes qui s’intensifiaient évidemment à chaque explosion. »"

Transcription

Comme vous le savez, la guerre a commencé en 1939. Hitler a décidé de prende un peu d’avance et mon frère aîné, que j’admirais à l’époque et que j’aimais beaucoup, son navire a été torpillé. Ça m’a rendu furieuse [rires]. Je suis allée à New Scotland Yard [siège de la Metropolitan Police de Londres] et j’ai fait une demande pour entrer dans l’armée. Je voulais me joindre au WRNS [Women’s Royal Naval Service] mais ça n’avait pas encore commencé, parce que ma famille est nautique, ils sont tous [dans la] marine. Donc, ils m’ont dit que l’ATS [Auxiliary Territorial Service] avait commencé et donc je suis allée là-bas. Ensuite, à peu près trois semaines plus tard, on m’a annoncé que j’avais une interview à New Scotland Yard et c’est là que j’en ai parlé à mes parents [rires]. Je ne leur en avais pas parlé avant parce que je n’avais que 17 ans et que j’étais trop jeune évidemment.

En tout cas, je suis entrée dans l’armée et j’ai fait ma formation à Aldermaston à Reading. Ensuite, environ trois semaines après ma formation de base, ils se sont soudain aperçus que je n’avais pas 18 ans et ils m’ont renvoyé chez moi avec un formulaire à faire signer par mon père si je voulais rester dans l’armée. Et étant donné tout ce que j’avais déjà fait, j’ai dit pour sûr. Ce que mon père m’a dit c’est : « si je signe ça, ne t’avise pas de pleurer après ». J’avais déjà pleuré [rires] et je n’étais pas prête à verser plus de larmes. Ensuite, j’ai été affectée à Hounslow dans le Middlesex et pour une raison inconnue, les Allemands n’aimaient pas notre caserne. Donc toutes les nuits nous dormions dans un abri anti-raids aériens, c’était une petite hutte Nissen plantée dans le sol, semblable aux abris Anderson comme ils les appelaient. Ma propriétaire me retrouvait d’habitude devant la porte, mon pyjama et ma robe de chambre sur un bras et mon repas, mon souper sur l’autre [rires] parce qu’ils arrivaient toujours à l’heure du souper, pour une raison inconnue, les Allemands venaient toujours à l’heure du souper. Ensuite on s’engouffrait dans l’abri et on y restait pour la nuit. Le jour suivant je retournais au bureau, vous voyez.

Après Hounslow, je suis allée à Reigate dans le Surrey avec la branche des employés de bureau du commandement en chef. Je suis restée là-bas pendant des années et ce qui est drôle c’est que quand nous avons quitté Hounslow, ils n’avaient pas touché notre caserne une seule fois. Ils avaient touché toutes les maisons alentour mais la nuit où nous avons quitté la caserne, elle a été touchée. Ils ont atteint la caserne quand il n’y avait personne dedans [rires]. En tout cas, ensuite je suis allée à Reigate dans le Surrey et je suis restée là-bas; ensuite j’ai été affectée Birmingham. De Birmingham, je suis allée à Melton Mowbray et de Melton Mowbray à Aldershot. À ce moment-là, le navire de mon frère, mon frère a été sauvé et mon autre frère dans la marine a été torpillé pour changer…. Mon cousin a été abattu avec les bombardiers Lancaster et ma sœur a épousé un policier de la Metropolitan Police une semaine et on est allé à son enterrement la semaine suivante. Il a été tué une semaine plus tard.

Donc j’avais beaucoup de raisons de ne pas aimer les Allemands à cette époque vous savez [rires]. Ma propre maison a été bombardée et nous avons perdu notre maison. Et mes parents ont dû se séparer. C’est assez difficile quand vous n’avez que 24 heures de permission de décider si vous devez rendre visite à votre père et votre grand-mère par ici ou si vous devez visiter votre mère et votre grand-mère par là [rires]. Donc vous allez d’un côté et de l’autre. Une de mes premières permissions de Hounslow, c’est quand ils ont bombardés les docks de Londres. Vous pouviez lire votre journal sur le London Bridge à la lumière des flammes tellement elles étaient hautes. J’ai eu ma permission et le train allait jusqu’à Victoria [Station]. À partir de là, il n’y avait plus ni bus, ni trains, ni rien.

J’ai rencontré un garçon qui était très très gentil. Bien sûr, je ne le connaissais ni d’Eve ni d’Adam. Il habitait à Rotherhithe, c’était sur le chemin de Greenwich où j’étais née. Donc il a proposé qu’on y aille ensemble. On était sur le London Bridge et on regardait les bombes tomber sur les docks et chaque fois que les bombes tombaient, les flammes s’élevaient de plus belle bien sûr. Et les pompiers s’efforçaient évidemment de les éteindre avec acharnement, mais il n’y avait aucun espoir, vous savez. Je dois dire que j’étais vraiment contre les Allemands pendant des années à cause de ce qu’ils ont fait à ma sœur et à mon grand-père et à mon cousin et aux amis avec qui j’ai grandi, qui ont été tué dans le désert, en mer et des choses comme ça.

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