Témoignages d'anciens combattants:
Fred V. Russell

Forces aériennes

  • Livret d'épargne de la poste appartenant à Fred Russell, 1945.

    Fred Russell
  • Portrait de Fred Russell en uniforme de la RCAF, 1943.

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  • Photo d'un orchestre de la RCAF.

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"J’ai lu, c’était une liste de métiers, fanfariste/ artiste, musicien. Et j’ai demandé : « Bon comment je m’y prends pour faire ça ? »"

Transcription

Ils appelaient sous les drapeaux tous les gars qui avaient 19 ans. Ayant atteint cet âge-là, je me suis allé de moi-même à Toronto pour m’engager, et tout patriote, j’ai pensé, personnel navigant. Ils m’ont fait attendre pendant des heures après la visite médicale. Et finalement un gars avec un bloc note à pince et une blouse blanche a appelé mon nom et a dit : « Oh, vous êtes recalé vous ne pouvez pas faire partie du personnel navigant. » Et j’ai dit : « Alors je fais quoi maintenant ? » Il a répondu : « Vous pouvez faire partie du personnel au sol. » J’ai dit, bon, et la seule chose à laquelle je pensais c’était ces gars avec de la graisse de moteur jusqu’aux coudes, qui travaillaient sur les avions et ça ne me ressemblait pas. Alors ils m’ont donné une feuille de papier ministre, c’est une feuille qui a la taille des documents officiels, et il y avait trois colonnes dessus et ce n’était pas classé par ordre alphabétique, mais quelque part en bas de la troisième colonne, j’ai lu, c’était une liste de métiers, fanfariste/ artiste, musicien. Et j’ai demandé : « Bon comment je m’y prends pour faire ça ? » Ils m’ont donné un billet de tramway et m’ont dit d’aller au parc des expositions parce que cet endroit avait été annexé, une partie en tout cas, c’était une base de l’armée de l’air ou au moins un bâtiment de la RCAF et ils avaient une fanfare avec eux. J’ai trouvé un gars avec des galons, bien que ce soit à peu près cette heure là dans l’après-midi, il était tard dans l’après-midi, 4 heures environ. Donc, il était sergent, j’ai vu un badge avec une harpe sur son bras et je me suis dit, au moins il a quelque chose à voir avec la musique ici. Et je lui dit : « Qu’est-ce que je dois faire pour passer un test professionnel ? » Il répond : « Où est ton instrument ? » Et bien-sûr, je n’en avais pas apporté avec moi, mais il m’a laissé entrer dans la salle de musique, il y avait des rangées de placards et il a essayé chacune de ces portes de placards, elles étaient toutes fermées à clef sauf une qui s’est ouverte et alors il y avait un étui à trombone. Il y avait un trombone dans cet étui. Il a dit : « Tiens, essaie-le. » Ce qu’il ne savait pas c’est qu’il y avait une entaille dans la coulisse, alors ça demandait beaucoup d’effort pour pousser et tirer, pas du tout un instrument pour jouer. Pendant ce temps il avait installé un pupitre et une méthode Arban, il y avait quelques jolis morceaux de musique noire américaine dedans, et il a dit : « Joue celui-là. » Et apparemment je ne m’en suis pas trop mal sorti, assez bien pour être dans le deuxième meilleur groupe dont on disposait à ce moment-là. Plus tard, j’ai repassé le test et cette fois c’était un groupe de première, ce qui voulait dire être un petit peu mieux payé. Mais après tout ce ça soit terminé, et ça c’était sans doute au mois d’octobre 1942, la même question, « Qu’est-ce que je fais maintenant ? » et il a répondu : « Rentre chez toi. » Et je n’ai pas entendu parler d’eux jusqu’à la mi-décembre et j’ai dû retourner me présenter à Toronto juste après Noël, je crois que c’était le 29 décembre, où on m’a mis dans un train pour Ottawa, qui arrivait au milieu de la nuit, je n’arrivais pas à trouver mon chemin. Mais j’ai quand-même pris un autocar pour aller à un endroit appelé Rockcliffe, au commandement du transport aérien, des semaines après ça, avant que j’aie un uniforme, mais je n’ai jamais fait mes classes. Au milieu de l’été à peu près, ils rassemblaient une fanfare pour partir outre-mer qui serait la fanfare de l’armée de l’air canadienne outre-mer. En fait, la deuxième fanfare à aller en Grande-Bretagne, mais on était à Bournemouth pour les répétitions, séparés du quartier général des forces aériennes canadiennes qui se trouvaient au Lincoln Inn Fields à Londres. Cette fanfare était constituée de, chaque homme était soliste. Ils avaient pris les amuseurs d’une quinzaine d’orchestre différents à travers le pays. Cette fanfare a fait une tournée dans toute la Grande-Bretagne, concerts publics, enregistrements, pas beaucoup de processions ni de parades mais quelques uns. On a participé à des choses comme l’arrivée du Arundel Castle, c’était bien avant le jour J, et ce bateau ramenait des prisonniers de guerre d’Europe, ça avait été arrangé pour, je crois, qu’il passe par l’Espagne. Et le bateau est arrivé à Liverpool. Et je sais que la nuit d’avant, on nous avait dit de venir à la station Euston à Londres et on est parti à bord de ce train et on devait avoir un wagon réservé, mais ça se passait en temps de guerre, beaucoup de gens se déplaçaient et c’était un voyage qui durait toute la nuit. Mais il y avait tellement de monde dans les couloirs, on ne pouvait même pas accéder aux toilettes et tôt ou tard, ils ont envahi nos compartiments où il n’y avait que quatre ou cinq hommes. Mais était prévu qu’on se prépare pendant toute la nuit alors même qu’on devait jouer dès notre arrivée le matin et qu’on était censé être au mieux de notre forme parce qu’on était la fanfare qui se produisait sur le quai pour le retour à la liberté de ces hommes qui avaient été prisonniers de guerre, et pour beaucoup d’entre eux pendant de nombreuses années, et maintenant retour à la liberté et nous on était juste là assis sur le quai à jouer. On a fait partie du Lord’s Mayor Show, le premier juste après la guerre. C’est une grande parade organisée par le maire de Londres. On a joué dans beaucoup de défilés de pilotes en Grande-Bretagne, surtout avec la RAF. On est allés six fois à Glasgow, pour jouer au bord de la rivière Clyde ; soit à Greenock ou Gourock, pendant que les gars descendaient des bateaux, direction le train, pour être éparpillés dans tous les endroits où ils étaient envoyés. Mais ceux-là c’était des soldats, des marins et des aviateurs qui venaient d’Amérique et du Canada qui ont été envoyés en 1943/44 et même 1945 en Grande-Bretagne. Entre la cessation des hostilités en Europe, et l’effondrement du Japon, le personnel catholique de Londres et de ses alentours a organisé un grand rassemblement pour aller célébrer une messe à la cathédrale, mais le rassemblement et l’ordonnancement pour la parade se sont faits dans les jardins du roi. C’était juste à l’arrière du Palais de Buckingham. Les gens voient le devant. Le seul moment où le public peut voir ces jardins c’est quand la reine, une fois par an à peu près, organise une garden-party. Donc, c’est un privilège que d’avoir été dans le, dans le jardin du roi et de la reine parce qu’on était la fanfare de service pendant ce rassemblement religieux.
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