Témoignages d'anciens combattants:
William John “John or Shep or Red” Sheppard

Armée

  • Portrait de John Sheppard.

    John Sheppard
  • Lettre de John Sheppard à sa mère et à sa soeur, le jour de la Victoire, 1945.

    John Sheppard
  • Lettre de John Sheppard à sa mère et à sa soeur, le jour de la Victoire, 1945.

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  • Major John Sheppard lors d'un dîner au mess.

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  • Médailles de John Sheppard (de gauche à droite): Étoile 1939-45; Étoile France-Allemagne; Médaille du Service des Volontaires Canadiens; Médaille de guerre (1939-45); Médaille du Jubilé de la Reine.

    John Sheppard
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"Ouais, il y avait des moments, des moments où, c’était dur surtout, mais de temps en temps c’était ponctué par un petit peu de terreur."

Transcription

Je pense que j’étais au lycée. Quelques uns dans les plus âgés, les gars plus vieux qui s’engageaient et cette sorte de chose, mais ça ne m’intéressait pas trop parce qu’ils étaient plus vieux que moi et d’ici à ce que j’aie l’âge de m’engager ce serait terminé. Ma mère m’a poussé à aller finir ma terminale (12ème année) avant de m’autoriser à m’engager et, bien-sûr, après ça a été le moment de le faire. J’avais 19 ans. En 1943, c’est ce que tout le monde faisait. Elle savait que c’était inévitable. Elle l’a accepté. J’avais un très bon copain, un ami d’école. Son père avait fait la Première Guerre mondiale et il nous a donné un conseil : «Evitez les blindés, allez dans l’artillerie lourde, c’est l’endroit le plus sûr. » Et on a suivi le conseil. Donc c’est ce que j’ai fait, je me suis engagé et j’ai demandé l’artillerie. Et on nous a envoyés à Petawawa [Ontario], où se trouvaient l’artillerie lourde et les plus gros canons et tout a suivi après ça. J’ai fait mes classes et l’entraînement dans l’artillerie là-bas et je suis allé outre-mer à Ramsholt en Angleterre et je suis allé à l’école des renforts de l’artillerie là-bas et je ne suis allé en Normandie le jour J, mais j’y suis allé comme renfort au milieu du mois de juillet 1944. J’étais dans une équipe de canon de l’Ontario Regiment [CBRC] de Londres. Début juillet, les régiments d’infanterie se sont fait écraser en Normandie et ils ont eu besoin de beaucoup de renforts, alors ils sont passés par tous leurs camps des autres branches de l’armée et les ont vidés surtout pour en faire les renforts de l’infanterie. Mais pour une raison ou pour une autre, ils ont laissés quelques uns d’entre nous pour être dans l’artillerie, ce qui correspondait à ma formation de toute façon. On était un petit groupe et un gars va par ici, quelqu’un va dans une autre équipe de canon et vous vous joignez à un petit groupe et vous vous faites de nouveaux amis et vous occupez votre poste et participez à quelques tirs. Il y avait beaucoup d’activité. Mais, tout venait par les plages, même si ça faisait déjà un mois ou à peu près. Tous le matériel, les renforts et tout le reste devaient… De fait, ce n’est que quand ils ont ouvert Antwerp plusieurs mois après qu’ils ont commencé à acheminer le matériel et les renforts par un autre endroit, un autre endroit que les plages de Normandie. J’étais en quelque sorte tout seul, je ne suis pas allé du tout avec un groupe parce qu’on était juste dispersés ça et là comme renforts, un gars par ici, deux par là, et ainsi de suite. Je n’avais pas fait l’entraînement avec plein de gens. Avec le genre d’artillerie que je servais, vous êtes un tout petit, vous êtes rassuré par le fait qu’il y a des chars et l’infanterie entre vous et l’ennemi. En général vos morts et blessés ça venait des tirs de n’importe quelle artillerie, ils découvraient là où vous étiez et vous trouviez là où ils étaient. Les tirs contre vous c’était l’artillerie ennemie ou la Luftwaffe, ce genre de choses, plutôt que du combat direct d’homme à homme, des trucs comme ça. Ouais, il y avait des moments, des moments où, c’était dur surtout, mais de temps en temps c’était ponctué par un petit peu de terreur. J’étais en service la nuit où les canons se sont tus à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. J’étais là-haut en Allemagne du nord près de Wilhelmshaven et quand on a su qu’il y avait le cessé le feu. Mais j’étais de service cette nuit-là sur le canon. Ne savait pas qu’on avait tiré, qu’on avait déjà tiré notre dernière salve, mais on nous avait dit de nous tenir prêts à tirer au cas où on nous tire dessus.
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