Témoignages d'anciens combattants:
Richard Sullen

Forces aériennes

  • Sur la note, on peut lire (trad.): ‘’Une des huit qui ont frappé Lanc. "N", le 20 avril 44. Récupéré du réservoir de l’aile droite. A traversé pour percer le fond. Carburant dans l’aile – 3 Moteurs transférés au réservoir perforé pour pouvoir utiliser ce qui reste de carburant.’’

  • Sur la note, on peut lire (trad.): ‘’Ceci est un fragment d’une bombe qui a frappé un arbre devant un club où je prenais un bain à l’intérieur.’’

  • Lumière de gilet de flottaison, 1944.

Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"On perdait le carburant, on était en feu, et on était en plein combat d’avions de chasse."

Transcription

Je m’appelle Richard Sullen. Je viens d’Oakbank au Manitoba. Et, j’étais dans l’ARC, basé en Angleterre, sous la RAF, dans un sens. Effectué un total de 39 raids de bombardement sur l’Allemagne et les pays occupés. Maintenant, un des raids des plus excitants, et, je crois, des plus dangereux, à été celui sur Cologne. Un raid de nuit où un de nos propres avions a lancé huit bombes incendiaires sur notre engin. Le moteur tribord s’est enflammé, l’aile de bâbord s’est enflammée. Une des bombes est tombée dans le réservoir de carburant dans l’aile tribord et a fait un trou dans le fond. On perdait le carburant, on était en feu, et on était en plein combat d’avions de chasse. On a ouvert le feu pour aider nos avions de chasse et puis on a rejoint les bombardiers, en formation défensive, pour continuer notre parcours vers la cible prévue. On a lancé nos bombes selon les indicateurs. Ensuite, on s’est enligné pour sortir de la ville et pour rentrer parce qu’on était en perte de carburant et qu’on ne pensait pas en avoir assez pour ce rendre à destination. Alors, j’ai demandé au navigateur de choisir le parcours le plus court vers un aérodrome pour un atterrissage d’urgence en Angleterre. L’opérateur sans-fil a communiqué avec eux sur ondes courtes pour les avertir qu’on s’en venait à l’improviste et qu’on tenterait de se rendre avec ce qui nous restait de carburant. C’est ce qu’on a fait. On a traversé la Manche, et on s’est enligné pour l’atterrissage. Mais, avec deux moteurs en marche d’un côté et, qu’un moteur de l’autre, avec des tabs compensateurs endommagés par les bombes incendiaires, je ne pouvais pas aligner l’avion sur le faisceau de lumière….l’aérodrome était couvert de brouillard. J’ai demandé à l’ingénieur de couper un des moteurs sur l’autre côté pour que je puisse m’aligner sur le faisceau de lumière à une vitesse ralentie. Mais en perçant le brouillard, on s’est rendu compte qu’on s’enlignait sur la lumière rouge d’un hangar et j’ai dû faire un grand tour. C’était très risqué pour un bombardier lourd avec seulement deux moteurs en marche et surtout qu’on manquait de carburant. Il fallait tenter notre chance ; de toute façon, c’était mieux que de s’écraser sur un hangar. On a fait le grand tour et on a réussi un atterrissage sauf. Cette nuit-là, je n’ai jamais été aussi heureux de me retrouver sur Mère Terre.
Follow us