Témoignages d'anciens combattants:
Lloyd Fraser

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" les Allemands montaient au sommet d’une colline et nous devions la capturer. Nous étions donc toujours en position désavantageuse. Ils nous voyaient d’en haut. Et quand nous grimpions la colline, ils descendaient de l’autre côté et ils montaient sur la prochaine."

Transcription

Nous avons servi en Angleterre, et c’est là que le Blitz a été lancé. Nous étions là seulement pour assurer que l’Allemagne ne traverse pas la Manche. Nous sommes donc restés en Angleterre pendant quelques années, je suppose. En 1943, nous sommes allés au Rocher de Gibraltar, en Afrique du Nord et en Italie. L’Italie était un pays où se battre était horrible. C’était une montagne après l’autre. On en prenait une, puis on montait dans la vallée, puis on montait encore la montagne suivante et on continuait comme ça.

On se battait dans un village après l’autre. On ne nous mentionnait pas de village ou qu’on allait dans un village; en fait, c’était des collines parce que les Allemands montaient au sommet d’une colline et nous devions la capturer. Nous étions donc toujours en position désavantageuse. Ils nous voyaient d’en haut. Et quand nous grimpions la colline, ils descendaient de l’autre côté et ils montaient sur la prochaine. Nous montions et descendions les collines et les vallées encore et encore. Nous avons fini par traverser l’Italie de bout en bout.

Ils avaient la Ligne Hitler et la Ligne Gothique; et, vous savez, il fallait suivre l’infanterie parce que j’étais ce qu’ils appelaient un OP, un soldat du poste d’observation. Quand nous étions avec l’infanterie, nous choisissions les cibles sur lesquelles devaient tirer les fusils. Quand on trouvait une cible, on… En fait, voici quelque chose de différent également – je suis le seul homme vivant qui a demandé de tirer sur nos propres troupes. Ce qui s’est passé est que nous étions dans un petit groupe de buissons et il y avait là des tireurs embusqués allemands. Ils essayaient de lancer des grenades sur les chenilles de notre véhicule et ils ont aussi essayé de tirer dans le blindé. Nous avons donné les coordonnées géographiques avec la radio. J’ai rappelé et j’ai dit que je voulais deux salves de tirs, j’ai donné les coordonnées et ainsi de suite. J’ai dit que leur cible était notre... leur soldat du poste d’observation, et d’être précis et de se dépêcher. Ce qu’il fallait faire était de programmer la détonation environ une seconde avant l’impact. Quand on fait cela, ça explose comme un fusil de chasse. Quand ç’a commencé à toucher notre blindé, j’ai crié d’arrêter – et je pense que je n’aurais pas eu besoin de radio, ils ont pu m’entendre de là-bas. De toute façon, nous avons continué.

On a pu les voir, oui, et certains d’entre eux étaient… De temps à autre, on était à un endroit particulier, par exemple la Ligne Hitler ou une autre des Lignes, et on restait là des semaines, tout le monde restait là des semaines. Nous pouvions les entendre chanter, ils pouvaient nous entendre chanter ou bien ils se levaient et ils nous envoyaient la main [rires]. S’ils étaient trop téméraires, nous leur tirions dessus [rires]. Mais ils se battaient pour leur pays. Ça forge le caractère, je peux vous le dire [rires]. C’était assez difficile.

 

 

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