Témoignages d'anciens combattants:
Frederick William Nash

Marine

  • Classe d'opérateur radio No. 4. Frederick Nash est le 5ème marin à gauche au second rang.

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  • Carte de voeux envoyée par Frederick Nash à sa femme Mary, depuis le HMCS Ettrick, en décembre 1944.

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  • Équipage du HMCS Ettrick au début de décembre 1945. Frederick Nash est le 4ème marin à gauche dans le groupe central, au 3ème rang.

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  • Fred et Marie Nash avec leur fils Fred à Halifax Gardens, Nouvelle Écosse, juin 1945.

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  • Contremaître Nash à Edmonton, Alberta, le jour de son licenciement de la Marine Royale Canadienne, le 10 novembre 1945.

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"Nous avons touché le sous-marin, mais il était si près de la surface que l’explosion a fendu l’avant de l’étrave de notre navire, qui a commencé à prendre l’eau."

Transcription

Le soir de Noël, en 1944, on était en mer. On venait juste de rentrer du milieu de l’Atlantique et on allait à New York. Et il nous a appelés et il a dit, il voulait avoir une petite fête de Noël et chanter quelques chants, vous savez, des chants de Noël. On était juste au dessus de la salle des machines, là où il fait assez chaud ; et tous ceux qui n’étaient pas de service pouvaient se rassembler là, et je me souviens de lui nous disant, il a dit, bon, vous allez être à New York pour la nouvelle année. Et demain, on va avoir une dinde de Noël avec tous les accompagnements traditionnels. Je me souviens de ça et je suis allé me coucher tout content. Et à 5 heures du matin, branle bas de combat : « A vos postes ! ». Quand ils appelaient, il fallait aller à votre poste de combat là où vous deviez être. Et je devais aller dans la cabine radar. Et c’est là-haut sur le pont. Alors vous mettez les gilets de sauvetage et tout le monde va à sa place et monte sur le pont, on était, les grenades sous-marines étaient lancées par-dessus bord, un moment très palpitant. Et le gars qui s’occupait du ASDIC [Système radar] avait détecté un sous-marin tout près de la proue de notre bateau et le capitaine a ordonné de tirer avec ce qu’ils appelaient des hedgehog. C’est un type d’obus de mortier qui sont tirés à l’avant du bateau et au contact, ils explosent. Il y en a cinq qui partent en même temps et ça a explosé juste devant nous et notre bateau a juste vibré. Et ce qu’on a fait, on a touché le sous-marin, mais c’était tellement près de la surface que l’explosion a fendu la proue de notre bateau et on a commencé à prendre l’eau. Mais le bateau est, ils ont des segments là dedans, ils ont des portes étanches qui se verrouillent. Quand vous partez à votre poste de combat, vous verrouillez toutes ces portes, comme ça seulement l’avant du bateau prendrait l’eau, ça ne pouvait pas aller plus loin. C’était sur six mètres environ de la proue, que l’eau entrait. Alors ce n’était pas trop grave mais ça pourrait être grave. Et bien-sûr, vous ne savez jamais si vous n’allez pas vous en prendre un autre de toute façon. C’était un truc excitant et la guerre c’est ça pour moi parce que je pensais dans ma tête, est-ce que je vais quitter ma femme et mon enfant. Alors il y avait une dimension très affective en quelque sorte. En tout cas, au lieu d’aller à New York, on est repartis sur Halifax parce que c’est là que se trouvait notre base, parce qu’il fallait qu’on sorte de l’océan et qu’on fasse réparer le bateau. Et puis vers le 10 janvier, le docteur m’a fait venir dans son cabinet, et il me dit, Nash, il m’avait déjà dit ça une fois, quand on était en réparation, il a dit, je crois que tu devrais descendre à terre. Et j’ai dit non, je ne veux pas y aller. Parce que j’avais toujours le mal de mer, parce qu’il devait me donner tous ces comprimés tout le temps. En tout cas il me dit, tu devrais descendre à terre. Je t’ai trouvé un bon travail à l’arsenal d’Halifax, de technicien radio. Alors je n’ai pas discuté cette fois. J’ai fait venir ma femme d’Edmonton avec le petit, quand il avait huit mois. Et ils sont venus à Halifax, et on habitait à Dartmouth en Nouvelle Ecosse. Et je prenais un bateau de service tous les matins pour aller travailler et je rentrais tous les soirs et c’était agréable de pouvoir être avec ma femme le soir et le week-end. Alors ce n’était pas trop mal.
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