Témoignages d'anciens combattants:
Frank Earl Pearson

Marine

  • Frank Pearson (4ème au fond) en classe d'entraînement, mars 1942.

    Frank Pearson
  • Frank Pearson (à gauche dans le rang du bas) photographié avec sa classe d'entraînement au HMCS Chippawa à Winnipeg, Manitoba, 1942.

    Frank Pearson
  • Médaille de la coupe de convoi remise à Frank Pearson en mars 2009, en reconnaissance de sa mission de convoi dans l'Atlantique Nord.

    Frank Pearson
  • Frank Pearson en mars 2010.

    Historica Canada
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"Toutes la superstructure était soufflée par les avions qui leur plongeaient dessus avec le pilote dedans, les kamikazes."

Transcription

Je me suis engagé dans la marine en sortant des cadets de la marine, en juin 1942. Je suis allé à Cornwallis, conscrit et j’ai suivi une formation de six mois en tir au canon pour les navires de commerce dotés d’un équipement défensif [DEMS], c'est-à-dire l’équipe du canon sur un navire marchand. Bon, ils mettaient une équipe du canon, vous voyez, tous nos navires avaient des canons dessus, particulièrement par la suite. Au début, ils n’avaient pas grand-chose en ce qui concerne les canons, ils mettaient juste deux petits canons, un de chaque côté du pont et ils avaient juste un faux canon à la poupe, pour les trucs à faible inclinaison comme les sous-marins et autres. Donc ce n’était pas beaucoup sur ces bateaux au début, avant qu’on aille là-bas. Ils prenaient tous les plus gros canons pour entraîner ces artilleurs de la marine. Comme dans la formation que j’ai suivie, il y avait six mois d’entraînement avant qu’on mette juste les pieds sur un bateau. Alors juste entre 17 et 20 ans, on devait être capable de démonter dix armes, avec les yeux bandés, et de les remonter. Ouais. C’était très important parce qu’une fois que vous vous trouvez là-dessus, vous êtes livré à vous-même. La raison pour laquelle on avait les yeux bandés c’est parce qu’on ne pouvait pas avoir de lumière sur le bateau dans un convoi, ça vous mettrait en danger. Alors on devait être capable de le faire les yeux bandés. On est partis d’ici le 28 décembre 1944, on avait pour mission d’aller dans le Pacifique Sud. Les cinq bateaux, deux canadiens, cinq américains, et on est partis de là pour escorter trois bateaux jusqu’à San Francisco, on en a récupéré d’autres, on est repartis en passant par Hawaï pour aller dans le Pacifique Sud et on s’est retrouvé dans la force d’intervention qui a repris Manille en février 1945. Quand on est allés dans le Pacifique Sud et qu’on faisait partie de cette force d’intervention avec laquelle on a pris Manille on est allés de Victoria en passant par San Francisco, Hawaï jusqu’en Papouasie Nouvelle-Guinée. Et on a dû attendre un convoi qui partait pour aller dans la partie sud des Philippines et notre arrêt c’était Tacloban sur l’île de Leyte pour décharger notre cargaison militaire, et sur le chemin pour aller là-bas, on a été attaqués par un sous-marin japonais. Mais on a eu la chance de voir le périscope du sous-marin et puis on voyait le sillage tracé par la torpille qui venait sur nous, alors le capitaine ou le chef, il était là-haut sur le pont et le chef a vu la torpille qui partait et il a dit au capitaine de virer à droite toutes immédiatement et ça a été de la chance. La torpille nous a manqué d’à peine dix mètres, on a été a deux doigts d’être touchés. Et elle a juste continué son chemin. J’était là-haut dans le trou à canon à la proue du bateau et j’ai été témoin de cette torpille qui était à une dizaine de mètres de nous. Et puis quand on est arrivés à Tacloban, l’autre chose c’était l’île Mindanoa, l’île de Mindanoa était sous le contrôle des japonais à ce moment-là et on devait passer par le haut de l’île pour aller à Tacloban et coup de chance il y avait du brouillard. Donc les avions japonais ne pouvaient pas décoller à ce moment-là, ils l’ont fait plus tard, et les américains étaient juste à côté de Tacloban là et leur aéroport, et ils décollaient dans la jungle là-bas, la base aérienne, et accostaient les japonais. Alors on a vu un certain nombre de batailles aériennes qui se passaient, protégeant nos bateaux qui étaient ancrés, en train de décharger. Et on a vraiment eu de la chance de ce côté-là, mais on a pu en voir des tas de choses se passer, les bateaux heurtés par les avions suicide et tout ce genre de choses. On en a vu plein faire ça et bien-sûr il y avait du brouillard. On a eu de la chance quand il a tourné en haut là où se trouvait le terrain d’aviation japonais. Comme je l’ai dit, il était sous le brouillard, mais il y avait quelques bateaux qui étaient arrivés lors d’un précédent voyage, sans débarquer, ils se préparaient à atteindre la piste d’atterrissage et les kamikazes étaient descendus et en avaient heurtés quelques uns, on aurait dit qu’ils venaient juste d’être lancés. Toutes la superstructure était soufflée par les avions qui leur plongeaient dessus avec le pilote dedans, les kamikazes. Alors c’était une sacrée expérience.
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