Témoignages d'anciens combattants:
Sydney Ernest Cruz “Sid” Thrussell

Marine

  • Photo d'enrôlement de M. Thrussell dans la Marine Royale Canadienne, 1940.

    Sydney Thrussell
  • Sydney et d'autres camarades de son navire lors de leur traversée de l'Océan Indien, 1940.

    Sydney Thrussell
  • Sydney (à gauche) et son père (à droite) devant l'Arsenal de Bessborough à Vancouver, Colombie Britannique, 1940.

    Sydney Thrussell
  • Sydney et des camarades de la marine au Caire, Égypte, 1940.

    Sydney Thrussell
  • Document d'allocation pour marin, 1940.

    Sydney Thrussell
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Écoutez ce témoignage

"« Notre navire a essuyé une giclée d’obus, il y avait des fuites partout et notre vitesse a chuté de 25 à une dizaine de nœuds. »"

Transcription

J’ai rejoint la marine marchande en 1938 sur l’Empress of Asia en tant que mousse. Et j’y suis resté jusqu’en 1940. Et en 1939 quand la guerre a éclaté, j’étais sur l’Empress of Asia, on était à Shanghai. Et on a fait un autre retour à Vancouver, et un autre au Moyen-Orient et à nouveau Hong Kong, et ils ont mis le bateau en cale de radoub et à ce moment-là, l’Empress of Japan, un de ses vaisseaux frères, était à Hong Kong lui aussi. Et entre-temps, avaient réquisitionné l’Empress of Japan et ils en avaient fait un bateau de troupes.

J’ai fait une demande pour être affecté à l’Empress of Japan et j’ai essuyé un refus à cause de mon âge, je n’avais que 15 ans et le capitaine de l’Empress of Asia a dit qu’il ne pouvait pas me lasser partir parce qu’il fallait que j’obtienne l’accord de mon père. Et je ne pouvais pas avoir l’accord de mon père parce qu’à ce moment-là il était quartier-maitre régimentaire dans la 15ème brigade de campagne du dépôt d’armes de Bessborough à Vancouver et il était parti quelque part.

Alors en l’espace de trois jours, pendant qu’on était en cale de radoub, il m’a appelé et ils ont traqué mon père et il a dit que c’était d’accord, que je pouvais y aller. Alors je suis passé de l’Empress of Asia à l’Empress of Japan comme mousse. Mais on avait un peu de temps à tuer, comme on dit, à Hong Kong pendant que le bateau était en réparation, alors ils nous ont envoyés à l’école de signalisation sur le NSM Tamar, qui était un vieux vaisseau à voile des lignes de bataille qu’ils utilisaient à Hong Kong. Il était resté amarré là sur les docks pendant des années.

Après avoir fini les cours sur le NSM Tamar, on nous a remis sur l’Empress of Japan et le premier travail qu’on a eu à faire c’était d’évacuer toutes les femmes et les enfants de Hong Kong et de les emmener à Sydney en Australie.

On ne pouvait pas aller dans la Méditerranée pour débarquer les troupes parce que les armées allemande et italienne avaient le contrôle absolu de la Méditerranée, alors aucun de nos bateaux n’avait le droit d’être là-bas. On est descendus dans l’océan Indien, du côté du Cap et du Cap, on est allés dans la Sierra Leone, et de la Sierra Leone, à Freetown, on a pris sur le chemin du vieux pays. Tout s’est bien passé jusqu’à ce qu’on soit au large des côtes irlandaises, je crois que c’était le 10 novembre, quelque chose comme ça, et on a été attaqués par les allemands avec des Focke-Wulf, des avions. C’était des quadrimoteurs, des bombardiers long-courriers. Ils nous ont bombardés copieusement et notre bateau a eu une voie d’eau et la vitesse est descendue de 25 nœuds à 10.

On a pris l’eau pendant tout le temps, le Capitaine Thomas était notre capitaine et c’était un terre-neuvien, un homme très bon, il était strict mais équitable. Et il a amené le bateau au bout de la Rivière Clyde à Gourock, et il a manoeuvré le bateau de sorte qu’il soit juste sur un banc de sable. Et il reposait sur le banc de sable. Et puis la marine est venue et a posé des paillets d’abordage autour de nous là où nos lattes étaient fissurées, ils ont pompé l’eau et la marine nous a escortés jusqu’à Belfast.

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