Témoignages d'anciens combattants:
Glen Allen Ades

Marine

  • Le Projet Mémoire, Historica Canada
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"J’étais en Angleterre juste avant l’invasion et, pour cette raison, j’ai été envoyé à une petite place où ils rassemblaient toutes les embarcations de débarquement. Et je suis arrivé là pour les aider à former les gars pour les manœuvres."

Transcription

J’ai fait ma dernière année d’école secondaire à Moose Jaw [Saskatchewan]. Mon père et ma mère s’étaient séparés quand j’étais encore gosse. J’avais grandi sur la côte dans les camps de draveurs. J’ai traversé, comme je dis, vers l’île de Vancouver. Donc, les deux dernières années d’école, mon père a décidé qu’il voulait que je revienne et que je passe du temps avec lui. Il était cadre pour le Canadien Pacifique. Je suis donc retourné là-bas et j’ai fini l’école, mais j’avais tellement bien réussi en entraînement mécanique à l’école technique que l’armée avait dit qu’elle allait m’inviter à les joindre en tant qu’équivalent de jeune matelot, ou peu importe ce qu’ils ont dans l’armée. Et mon père avait servi lors de la Première Guerre mondiale dans le REME [Royal Electrical and Mechanical Engineers], et quand il m’a raconté ses histoires, j’ai dit : « Non, merci, je n’aime pas la boue. » Donc, comme j’avais grandi près du « saltchuck » [terme local pour l’eau salée au large de la Colombie-Britannique], comme j’avais passé ma vie sur lui et sur les bateaux et tout, j’ai dit, voilà, et je me suis arrangé pour sortir plus tôt de l’école. Je suis sorti environ trois semaines plus tôt de l’école pour prendre le train et je suis revenu à Vancouver, où je me suis enrôlé et j’ai joint l’armée.

Eh bien, quand je me suis enrôlé, j’avais ma formation, j’avais aidé à former les gars ou à préparer les gars à s’asseoir et écrire leur certificat de capitaine de petites embarcations et ainsi de suite, comme mon grand-père : il était tout un navigateur, un très bon marin, et, quand j’étais gosse, j’avais pour habitude de le suivre; il m’a appris à peu près tout ce que je devais savoir sur comment manœuvrer des bateaux. Je conduisais des bateaux même avant que je voie ma première voiture. Donc, à cause de ça, j’aidais les gars qui venaient travailler au camp et, quand il n’y avait rien à faire, durant la fin de semaine, ils sortaient sur leur bateau et étudiaient, et j’avais l’habitude de les aider. Et alors ils s’assoyaient et écrivaient leur examen pour leur certificat de capitaine de petites embarcations. Et le résultat de tout ça est que j’ai manqué une grande partie de l’entraînement de base dans la marine et après que je sois embarqué dans le [HMCS] Discovery [de la réserve navale basée à Vancouver], je me suis retrouvé à Cornwallis [Nouvelle-Écosse] pour plusieurs mois. À partir de là, je suis juste allé à Halifax et j’ai été recruté chez les démineurs et pour la formation de convois à partir de la côte est.

Eh bien, c’était principalement à cause de mon passé; c’était écrit dans mon dossier que j’avais un certificat de capitaine de petites embarcations. Je l’ai eu quand j’avais 14 ans. Ça ne voulait pas dire grand-chose, vous savez, que je pouvais conduire un bateau, un petit remorqueur, et que je pouvais le conduire, et le faire légalement. En fait, j’ai grandi avec cette capacité-là, je faisais ça quand j’avais six ou sept ans. Donc quand ils allaient en classe ou à une de leurs classes, ils ont dit que je les avais aidés à remplir leur examen. Ils ont dit : « Voilà, laisse le petit écrire et regarde ce qu’il fait. » J’ai donc écrit et je l’ai eu. Je l’ai passé haut la main, mais j’étais trop jeune pour recevoir officiellement la paie. On devait avoir 18 ans. J’en avais 14.

J’étais en Angleterre juste avant l’invasion et, pour cette raison, j’ai été envoyé à une petite place où ils rassemblaient toutes les embarcations de débarquement. Et je suis arrivé là pour les aider à former les gars pour les manœuvres. Comme je dis, je pouvais m’occuper des embarcations de débarquement régulières, celles avec deux petits moteurs, et je pouvais leur faire faire tout ce que je voulais. J’ai grandi entouré de bateaux avec un seul moteur et un gouvernail, et pour être capable de les manœuvrer, il fallait simplement savoir comment manier un bateau. Mais avec deux moteurs, quel enfer, tu en mets un en marche avant, l’autre en marche arrière, et tu allais de bout en bout en un rien de temps. Donc, j’ai tout simplement fini par les aider à orienter les gens à savoir comment les manœuvrer. Je leur disais : « Maintenant, regarde, quand tu avances et que l’artillerie te suit et te bombarde, ils vont regarder ta trajectoire, le trajet que tu prends, et ils vont commencer à t’envoyer des obus en peu de temps. Aussi longtemps qu’ils visent juste, ils calculeront leurs tirs pour que tu avances dans l’un d’entre eux. »

Donc, j’ai dit : « Ce que tu fais, », je disais, « si tu avances, selon la direction du vent et du courant, peu importe dans quelle direction, tu augmentes la vitesse du moteur opposé et tu ralentis la vitesse de celui-ci. Tu finiras par avancer, mais de côté. Donc pendant que tu avances de cent pieds, tu auras fait cinq pieds à droite. Donc, les obus arriveront où tu aurais dû être, mais ils tomberont dans l’eau. » C’est donc simplement comme ça que l’on manœuvre ces bateaux, vous savez, les embarcations de débarquement.

 

 

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