Témoignages d'anciens combattants:
Neil Rhodes

Armée

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"Je montais les escaliers de la Maison du Canada [à Londres, en Angleterre] et devinez qui les descendait : mon ami que je pensais avoir enterré en Italie. Je lui ai demandé : « Que diable fais-tu là ? Tu es censé être en Italie, six pieds sous terre. » Nous avons bien ri de ça. "

Transcription

Bref, la guerre allait se terminer bientôt. Les Allemands le savaient et beaucoup d’entre eux se rendaient et il y a eu beaucoup de capture de prisonniers. Nous avons pris ces prisonniers, nous les avons désarmés, bien sûr, mais 90 % d’entre eux laissaient leur carabine et leur pistolet chargés pour que, sans s’y attendre, on mette la main sur la détente et quelqu’un soit blessé. Il y avait des centaines d’armes à feu dans la pile. Il y a donc eu beaucoup de blessures sérieuses causées par les Allemands qui faisaient ça, qui laissaient leur arme chargée lorsque l’on les leur prenait.

Une autre chose qui est arrivée à plusieurs personnes est qu’elles ont ramassé tout l’argent allemand qu’avaient les prisonniers lorsqu’elles ont vidé les poches de leurs uniformes. Deux personnes, que je ne connais pas personnellement, mais j’en ai entendu parler, ont rempli d’argent quelques sacs à dos et, quand ils sont rentrés en Angleterre, ils sont allés à une banque et l’ont changé en livres. En fin de compte, les banques ont compris ce qu’il se passait et, malheureusement, juste avant que j’arrive avec mon magot, elles ont arrêté de changer les [Reichs]marks en livres. J’avais donc toute cette monnaie avec laquelle je pouvais m’essuyer les fesses si jamais j’avais un problème gastrique.

J’avais un très bon ami qui était de Truro [en Nouvelle-Écosse]. Il était dans la même compagnie que moi et nous avons été impliqués dans une attaque [en Italie]. Après la fin de l’attaque, nous avons dû envoyer ce qu’ils appelaient une escouade mortuaire pour aller chercher les morts, les ramener et les enterrer. Un de ceux que j’ai enterrés, je le jure devant Dieu, était mon ami de Truro. Cependant, après que je l’aie enterré et que la guerre prenne fin, je suis retourné en Angleterre en vue de mon retour au Canada. Je m’étais porté volontaire pour aller en Extrême-Orient – c’était avant l’explosion des bombes [atomiques] [en août 1945]. Je montais les escaliers de la Maison du Canada [à Londres, en Angleterre] et devinez qui les descendait : mon ami de Truro, que je pensais avoir enterré en Italie. Je lui ai demandé : « Que diable fais-tu là ? Tu es censé être en Italie, six pieds sous terre. » Nous avons bien ri de ça et nous sommes sortis prendre une bière – ou deux, je suppose.

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