Témoignages d'anciens combattants:
Donald Andrew Stewart

Marine

  • M. Stewart est le 3ème à gauche en haut, 1944.

    Don Stewart
  • M. Stewart (1er à gauche) en permission après le jour de la Victoire, attendant d'être envoyé sur le champ de bataille du Pacifique.

    Don Stewart
  • Médailles de Service de M. Stewart (de gauche à droite): Étoile 1939-45; Étoile du Pacifique; Étoile d'Italie; Médaille du Service des Volontaires Canadiens; Médaille de la Victoire.

    Don Stewart
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"Alors je suis allé chez moi pour voir ma mère. Elle m’attrapé, j’ai bien cru qu’elle n’allait jamais me lâcher. Et aujourd’hui encore je peux le sentir."

Transcription

J’avais juste 17 ans et il y avait un, du personnel de la marine est venu de la base Discovery à Vancouver et recrutait à Penticton à ce moment-là, au vieil hôtel Incola. Et j’ai dit à mon ami Alan Moore, je lui dis, allons-y. Il a dit, on est trop jeunes. Je dis, pas de problème, on va bien pouvoir y entrer. Alors on est allés là-bas, on a eu le formulaire à remplir et ils l’ont rempli et j’ai dit, bon, il faut que je l’apporte à ma mère pour qu’elle le signe. A ce moment-là ma mère était infirmière à l’hôpital à Penticton. Donc je lui ai dit que j’étais en train d’acheter une voiture d’occasion, alors elle a signé.

Bon, elle n’a rien découvert jusqu’à ce que je sois sûr d’être là-bas à la base Discovery à Vancouver et de savoir que j’étais dans la marine, là je lui ai dit. Elle a piqué une crise mais je lui dis, tu ne peux rien y faire. Je dis, c’est ce que la jeune génération est en train de faire là maintenant, ils se portent volontaires, alors ça va aller, ne t’en fais pas.

On était des canonniers de la marine sur des navires marchands et on avait un canon de 120 mm à l’avant et à l’arrière, et on avait des canons Oerlikon au milieu du bateau, qui sont des canons de 20 mm, et puis on avait des mitrailleuses de 12,7 mm sur les côtés et c’était là tout notre armement. Pas tellement un armement propre à défier les sous-marins, je peux vous le dire.

On est allés à Montréal, on a eu un bateau, ensuite c’était le Chippewa Park, qui était un navire marchand de 10 000 tonnes. Et c’était l’un des originaux ; un qui avait encore une chaudière à charbon. Et on a appareillé de là, on est allés à Québec, on a mis les protections contre les mines et le pare-torpilles, on est allé dans le bassin de Bedford à Halifax, on s’est ralliés à notre convoi là-bas, on a descendu l’East River jusqu’à New York ; on s’est amarré juste là où il y a la statue de la Liberté en attendant que tout soit prêt, on a dû rester là trois ou quatre jours. Après on est allés à Norfolk en Virginie, pris le reste du convoi et on nous a escortés jusqu’à la Méditerranée.

Mais on est partis avec 64 bateaux et quand on est arrivés à Port Saïd en Egypte, bon vous allez voir ça sur la photo, on n’était plus que six, six bateaux. Et je suis allé de Port Saïd en Egypte et ça c’est quand on a transporté du ravitaillement de là jusqu’en Italie et ensuite on est revenus à Port Saïd, on est descendus par le Canal de Suez, traversé l’Océan Indien jusqu’à Bombay en Inde. Et puis j’ai attrapé la malaria et j’ai quitté le bateau, j’ai manqué mon bateau et c’est là que j’ai pris d’autres cours de tirs. Et puis le bateau suivant qui est venu c’était le Dunlop Park, je l’ai pris et je suis allé de là jusqu’à Dar Es Salam en Afrique de l’Est, qui était la partie portugaise de l’Afrique à cette époque, descendu à Durban en Afrique du Sud, au Cap en Afrique du Sud, et puis la traversée de l’Atlantique, en remontant la côte à travers le Canal de Panama, descendu à Santiago au Chili, ensuite Lima au Pérou. Et ensuite on nous a dit qu’on allait à Pearl Harbour mais la guerre était terminée quand on est arrivé à Pearl Harbour. On est allés à Pearl Harbour et quand on est arrivés à Pearl Harbour, on nous a dit que les allemands avaient capitulé.

Le plus important de mes souvenirs c’était quand je suis parti du bateau malade à Bombay – il n’y avait nulle part où poster des lettres, il n’y a pas de, vous voyez ce que je veux dire. Alors apparemment, un gars qui portait le même nom que moi, son bateau avait été torpillé, alors mes parents avaient été notifiés que j’étais perdu en mer. Alors c’est pourquoi quand je suis rentré à la maison, en 1946, je ne leur avais pas dit que je rentrais à la maison parce que mon père avait été muté de Penticton à Copper Mountain, qui est juste à l’extérieur de Princeton en Colombie Britannique. Alors j’ai pris le train pour Princeton, ai attrapé un bus à Princeton et suis monté à Copper Mountain. Mon père comme il était le policier du coin, il devait aller à la rencontre des bus, parce que c’était les bus de la ville. Et mon père me regarde et dit, tu es mort. J’ai répondu, qu’est-ce que tu racontes bon sang, je suis mort ? Il dit, on nous a fait savoir que tu étais mort, on a fait un service funèbre pour toi et tout. Alors j’ai dit, bon, comment maman prend-elle la chose ? Bon, va à la maison tout de suite. Alors je suis allé chez moi pour voir ma mère. Elle m’attrapé, j’ai bien cru qu’elle n’allait jamais me lâcher. Et aujourd’hui encore je peux le sentir.

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