Témoignages d'anciens combattants:
Merrill Weicker

Forces aériennes

  • Photo de groupe prise au Stalag Luft en 1945. Merril est la 3ème à gauche des arbres dans le rang du haut.

    Merrill Weicker
  • Série de dessins que Merrill a dessiné et qui montrent le côté léger de la vie de camp quand il était prisonnier de guerre au Stalag Luft I.

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  • Dessins que Merrill a fait lorsqu'il était prisonnier de guerre qu Stalag Luft I.

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  • Affiche que Merrill a dessiné pour une fête de Noël au Stalag Luft I en 1944.

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"L’activité de creuser un tunnel était permanente et les gens participaient principalement à faire diversion, s’ils vous faisaient faire quelque chose qui attirait la foule, vous saviez qu’il se passait quelque chose."

Transcription

C’était ce truc relativement nouveau qu’ils avaient sur les avions allemands. Ils ont installé un canon vertical (antiaérien) qui tirait tout droit en l’air et au lieu de poursuivre le flot des bombardiers, ils volaient juste en dessous de lui et tirait en l’air. Et il n’a rien vu rien entendu jusqu’à ce que tout à coup, quelque chose comme un cliquetis de l’arrière à l’avant et puis il a tourné et est revenu et a tiré un autre coup. Vous deviez quasiment vider vos munitions au premier passage et ensuite on a dû abandonner l’avion. Et les deux mitrailleurs ont été blessés et tous les deux sont sortis mais ils sont morts le lendemain, après qu’ils aient été pris par les allemands et le pilote n’est pas sorti et quatre d’entre nous sommes sortis.

C’était vers la fin novembre (19 novembre 1944) et c’était dans les montagnes au dessus de la vallée de la Moselle. Et je suppose que j’étais à la hauteur des nuages, parce que c’était comme du brouillard quand je suis sorti avec mon parachute, je ne pouvais pas voir le sol. Je me suis retrouvé suspendu dans un arbre. Je ne savais pas si j’étais à 30 centimètres ou à 6 mètres du sol. Et finalement il m’a fallu lâcher prise, que je me libère et je suis descendu jusqu’à 30 centimètres et ensuite j’ai dévalé un remblai très anguleux sur une quinzaine de mètres.

Au matin, j’ai grimpé pour aller dans une grange qui était à la bordure et je suppose que j’ai réveillé les chevaux parce que le fermier est sorti et a poussé un braillement et tout à coup, il y a eu au moins six allemands avec des fusils. J’étais là-haut sur la côte de la Baltique, Stalag Luft I (camp de prisonniers pour les aviateurs alliés installé près de Barth en Allemagne). Luft ça veut dire air et Stalag veut dire lager, camp permanent.

Quand la nourriture était bonne, c’était plutôt, pas trop mal. Parce c’est quand même ennuyeux d’être sous la menace d’une arme tout le temps mais on faisait beaucoup de sport quand la nourriture était suffisamment bonne. Et des tas de choses – tout le monde prenait des cours si on peut dire et autres. Et petit à petit on a mis en place une, une bibliothèque pas trop mal.

Mais si vous aviez une idée brillante, vous pouviez aller trouver le comité d’évasion et si ça paraissait bien, il était très possible, qu’ils disent, oui, mais tu ne peux pas t’en servir, on veut envoyer quelqu’un en Angleterre si possible. Et de temps à autres, il fallait faire sortir quelqu’un avec des pinces faites maison et essayer de couper les fils de fer la nuit. Mais on était sur une péninsule dans la Baltique alors en général, vous n’alliez pas très loin.

L’activité de creuser un tunnel était permanente et les gens participaient principalement à faire diversion, s’ils vous faisaient faire quelque chose qui attirait la foule, vous saviez qu’il se passait quelque chose. Et j’ai tracé plein de cartes sur de la soie de parachute. Ils avaient d’autres gars qui étaient capable de copier les feuillets de renseignements allemands et autres très bien, oui.

La meilleure tentative d’évasion a eu lieu juste avant la fin de la guerre. Des sergents qui avaient été là depuis plusieurs années avaient fabriqués petit à petit des uniformes allemands qui étaient assez ressemblant pour passer et ils nous ont fait passer et ils ont pris16 gars et les ont fait sortir par l’entrée principale pour les amener à Barth faire un test de la vue sous la surveillance de deux gardes qui portaient les prétendus uniformes allemands. Et ils sont sortis et ils sont revenus pour en prendre 16 autres et ils ont eu affaire à une sorte d’anglais genre adjudant-chef qui a commencé à faire un scandale parce que ces hommes avaient reçu la permission de sortir du camp. Alors les allemands ont vérifié et ils se sont faits prendre ; ils étaient encore tous ensemble.

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