Témoignages d'anciens combattants:
Cliff White

Forces aériennes

  • Portrait, M. Cliff White, 2005.

    Cliff White
  • Photo prise sur le champ de l'escadron 106 de la RAF vers septembre 1944 et mars 1945.
    "Les membres de l'équipage étaient tous anglais sauf moi. Je suis celui au fond à gauche. En commençant devant à gauche, c'est le le tireur milieu supérieur, l'opérateur de télécommunication, le navigateur et le tireur arrière. Au fond, le plus grand était l'ingénieur et le pilote George Eakins se tient au fond à droite tenant le signe de la porte de la soute renfermant les bombes "Eakins Erks".

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  • Photo prise sur la côte de la mer du Nord près de Newcastle, Angleterre, en janvier ou février 1944.
    "le groupe des bombardiers que j'ai formé à travers le Canada a été envoyé à un prétendu entrainement de commando. C'était juste un entrainement pour que l'on reste occupé. Je ne me souviens même pas du nom de mes camarades qui étaient avec moi. J'étais au premier rang à gauche".

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  • Équipage de Cliff White devant un Lancaster, vers septembre 1944 et mars 1945.

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  • Photo prise au début de l'été 1943.
    "J'étais en entrainement dans l'équipage, la bande blanche sur le bérêt en était un signe. J'avais 19 ans et je pensais que j'allais devenir un pilote. J'allais bientôt apprendre que je ne pourrais jamais être pilote, mais qu'il y avait de la place dans le groupe d'entrainement des bombardiers, donc j'y suis allé".

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Écoutez ce témoignage

"Toute la ville était en flammes et traversant les flammes au dessus s’élevaient les deux flèches de la cathédrale."

Transcription

J’étais à Prince George à cette époque. Et mon père était complètement dégouté par le fait que les allemands aient le culot de commencer une autre guerre, alors il a essayé de s’engager volontaire et bien-sûr, et ils n’ont pas voulu de lui parce qu’il était trop vieux. Bon, je sentais bien qu’il fallait que je m’engage. Bon nombre de mes amis s’étaient engagés, des amis plus âgés. Alors j’ai essayé de m’engager quand j’avais 18 ans mais je ne pesais pas assez lourd et ils n’ont pas voulu m’accepter à ce moment-là, alors il m’a fallu attendre un an de plus, jusqu’à mes 19 ans. Je n’étais pas près de l’océan, je n’y connaissais rien à ça et je trouvais que les soldats marchaient trop. J’entendais parler de toute la boue pendant la Première Guerre mondiale, alors je ne voulais pas trop me retrouver dans la boue. Donc je me suis engagé dans l’armée de l’air. J’étais un canadien de la RCAF, armée de l’air canadienne. J’étais payé par le Canada et en fait, mon salaire était le même que celui de mon pilote. Le pilote était lieutenant et moi j’étais un sous-officier. Alors j’ai réussi à échapper à tout un tas de choses là-bas parce que j’étais adjudant 2ème classe, et que ça n’existait pas dans la Royal Air Force. Alors je n’avais pas à accomplir les tâches quotidiennes des officiers ni celles des sergents ou quoi que ce soit d’autre. J’ai échappé à tout un tas de choses. On m’a envoyé en Angleterre et là-bas, je, on n’a pas fait grand-chose pendant une bonne partie de l’année, on s’est plus ou moins entraînés aux opérations de commandos pendant quelques temps, six semaines, et on s’est entraînés à la pratique des bombardements sur un aérodrome en Ecosse, au sud de l’Ecosse. Et on a plus ou moins fait passé le temps jusqu’à ce que les britanniques manquent de bombardiers, alors on nous a envoyés comme volontaires pour travailler avec les britanniques un peu partout, et moi j’ai été confié à un équipage et on a fait notre service avec la RAF. On a fait 35 vols, on appelle ça une période de service. Et tout à la fin, ils voulaient qu’on attende pour faire le centième vol de l’avion, dans l’avion mais on a dit non, on est parti aussi vite qu’on a pu. Vraiment. Pendant l’entraînement, vous vous concentrez sur ce que vous êtes en train de faire, vous êtes occupé tout le temps et on avait un travail à faire, vous ne pensez pas à la peur. La seule fois où je me suis arrêté pour y penser c’était à l’occasion du deuxième vol pour Harburg [Allemagne], de l’autre côté de la rivière par rapport à Hambourg, c’était plus ou moins étrange. On avait un chargement de bombes incendiaires. Evidemment, c’était une guerre contre les civils. Et la ville de Harburg s’est avérée être la proie d’une tempête de feu, un phénomène qu’ils appellent une tempête de feu. Toute la ville était en flammes et traversant les flammes au dessus s’élevaient les deux flèches de la cathédrale. Et en face de ces flèches il y avait la cible que j’étais censé viser, le signal coloré que j’étais censé viser C’est la seule fois où j’y ai vraiment pensé. On m’a renvoyé au Canada en mars, à la fin du mois de mars et j’ai été envoyé au commandement aérien de l’ouest et j’étais censé suivre l’entraînement pour la guerre japonaise mais ils m’ont fait conduire une limousine et j’étais chauffeur de limousine, à faire le voyage Boundary Bay aller retour pendant deux mois, bon, plusieurs mois en fait. Et puis j’en ai eu marre, un gars est venu et a demandé qui voulait s’en aller, et j’ai répondu, moi, et ça c’était en juillet. Et quatre jours après, j’étais dans le civil. Et la guerre s’est terminée en août. Alors c’était vraiment avant la fin de la guerre. Je ne sais pas comment ils ont su mais ils devaient savoir ce qui allait se passer. L’équipage avec lequel je volais s’est trouvé être un groupe sympa et bien-sûr, ils étaient six. Alors 35 ans plus tard, j’y suis retourné et je leur ai tous rendu visite. Ca a été de sacrées retrouvailles. On est allés passer un mois là-bas, ma femme et moi, et ça lui a plu à elle aussi.
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