Témoignages d'anciens combattants:
Gunther Frederick Schliewinsky

Forces aériennes

  • Gunther Schliewinsky, juillet 1943.

    Gunther F. Schliewinsky
  • Gunther Schliewinsky dans un avion au-dessus de l'Atlantique du nord, 1944.

    Gunther F. Schliewinsky
  • Carte postale d'Unité spécifique (en bas) et écusson de l'escadron de Gunther Schliewinsky représentant des patrouilles de reconnaissance anti-sous-marines, qu'il a conduit depuis la Norvège contre l'expédition des Alliés sur Murmansk, Russie.

    Gunther F. Schliewinsky
  • Carnet de bord de Gunther Schliewinsky, 1943.

    Gunther F. Schliewinsky
  • Insigne de mécanicien de bord, 1943 (à droite); ruban de la Croix de bronze (Iron Cross) 2nde classe; Insigne de l'Armée de l'Air; Insigne des vingt-cinq vols effectués au-dessus du territoire ennemi, 1944.

    Gunther F. Schliewinsky
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"Nous ne savions pas où se trouvait le front ni ce qui s’y passait, car ils nous maintenaient dans l’ignorance. Ils répétaient simplement que nous aurions de nouvelles armes et que nous gagnerions la guerre."

Transcription

Si vous vouliez être pilote, vous deviez d’abord aller sur le front russe pendant un an parce que les écoles étaient quasiment toutes pleines. Le seul choix que vous aviez c’était mécanicien de bord, alors j’ai fait une demande là-bas et je me suis finalement retrouvé dans la Saxe (Allemagne) et j’ai suivi une formation, de mécanicien de bord et de mitrailleur arrière. On était censés partir en Italie mais on avait un gars, il allait chez les prostituées là-bas et elles avaient la diphtérie. Alors tout notre groupe a été mis en quarantaine pendant quelques temps et après la quarantaine, personne n’est tombé malade mais ils ont eu des postes en Norvège alors ils nous ont envoyés en Norvège. Donc on devait faire des rapports sur le temps et là où on, les convois allaient à Mourmansk mais à ce moment-là, ils avaient déjà des porte-avions là-bas et on ne pouvait pas approcher très près d’eux parce qu’on n’avait pas d’armes et on pouvait seulement prendre de temps à autres quelques photos. On avait des armes mais c’était seulement pour la défense et rien devant. Mon pilote, on s’était portés volontaires pour les chasseurs de nuit mais les avions de chasse nocturnes n’avaient besoin que d’un pilote et d’un opérateur radio. Alors ils n’avaient pas besoin de moi et en fait j’ai perdu mon équipage là-bas et on m’a renvoyé en Allemagne encore. Et en Allemagne le front russe se rapprochait de plus en plus de l’Allemagne et le pétrole qu’ils avaient en Roumanie mais alors ils l’ont perdu aussi et ils n’avaient plus de carburant là-bas, plus d’essence, alors ils avaient trouvé un réservoir où ils faisaient de l’essence à partir du charbon. Mais il y avait une grosse usine en Allemagne de l’Est mais finalement, elle a été bombardée par les anglais ou les anglais et les américains et ils n’avaient plus de carburant là-bas. Alors on ne pouvait plus voler. Donc même s’ils avaient des avions, ils n’avaient plus de carburant. Alors ils nous ont envoyés en Tchécoslovaquie et on est restés là pendant quelques temps et ensuite on est allés en Allemagne de l’Est encore, donc j’étais là-bas en fait, et à partir de ce moment-là j’ai juste bougé dans les parages et, parce que les chefs étaient déjà ici contre Hitler ils voulaient aller à… Ils déplaçaient les troupes dans les environs mais il n’y avait pas vraiment, en tant que soldat, vous n’aviez pas le choix, quelque soit l’endroit où ils vous envoyaient, vous deviez y aller. En fait, on ne savait rien parce qu’ils ne nous disaient rien. On ne savait pas où se trouvait le front ou comment, quelle était la situation parce qu’il nous laissait complètement ignorants de tout. On ne savait pas grand-chose. Ils racontaient toujours, on va avoir de nouvelles armes et on va gagner la guerre. Et puis le 8 mai 1945 est arrivé, c’était la fin de la guerre là-bas, essayé de passer d’Autriche en Bavière et on y est finalement arrivés mais on a été dans un camp de prisonniers américain et j’y suis resté pendant quelques temps et il n’y avait pas de nourriture et rien à manger, pas d’abri, on vivait dans les champs là-bas et on regardait tout autour, des fils barbelés et des gardes américains et les américains ne nous donnaient rien. Alors finalement, ils ont commencé à libérer les gens et j’ai été libéré et je suis allé chez mon ami, ils habitait dans le centre de l’Allemagne et là-bas c’était encore occupé par les américains, mais les américains, ils sont partis et les russes sont arrivés là-bas parce que d’après les accords (de Potsdam) c’était une zone russe. Alors après j’ai dû travailler très loin dans une usine mais cette usine a été reprise par les russes et on devait travailler 24 heures sur 24 et il n’y avait pas de dimanches ; les russes ne croyaient pas au dimanche mais il y avait que du personnel allemand là-bas et on faisait des sortes de machines et toutes ces machines partaient en Russie. Bon, j’étais très jeune à cette époque et ça ne m’a pas trop embêté à part quand j’étais dans le camp de prisonniers vraiment, là vous réalisez que vous, que vous n’êtes rien du tout, vous n’aviez aucun liberté, rien. Il y avait du barbelé tout autour et des gardes là-bas mais rien dans le camp de prisonniers.
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