Témoignages d'anciens combattants:
Gordon Munroe Scott

Armée

  • Gordon Scott à Oshawa, Ontario, le 14 avril 2010.

    Historica Canada
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"J’ai senti ma jambe tout engourdie et j’ai jeté un œil sur mon pantalon déchiré. J’ai demandé à mon camarade Tony s’il avait été touché. Il m’a répondu que oui et je lui ai dit que je l’avais été aussi."

Transcription

J’étais avec le 2nd/10th Dragoons au Canada et avec le Argyll et les Sutherland Highlander en Europe. On est arrivés en France après l’invasion (de Normandie). A ce moment-là, les canadiens avaient repris Caen. Il a fallu deux jours avant qu’il devienne apparent qu’on commençait à faire des choses. Et le signe ça a été, dans l’après-midi, on nous a emmenés dans ce qui semblait être un très grand champ et on nous a dit de creuser. Ce qu’on a fait. Mais ça n’est pas allé très profond parce qu’on était juste au dessus de la couche rocheuse. Mais j’ai le souvenir d’être étendu juste en dessous du niveau du sol et je me sentais assez en sécurité dans cette situation que j’ai pensé, bon, si un de ces obus d’artillerie tombe près de moi, tout ira bien. Pour que je risque d’être touché la seule manière, c’est qu’il faudrait que le tir arrive directement et je ne serai pas, je ne serais pas là pour m’en rendre compte. Il y avait des avions qui passaient au dessus à toute allure. L’artillerie, les allemands bombardaient notre position avec toute la matière qu’ils avaient. Et finalement ça s’est tout arrêté et on nous a crié de sortir de nos positions et on nous a mis sur des chars d’assaut et on a commencé à poursuivre les allemands en direction de Falaise. Quoiqu’il en soit, on était stationnés dans un petit champ. L’agriculture dans cet endroit, ce n’était que des petits champs entourés de haies ou de murets de pierres et celles-là c’était des très vieilles haies, alors les arbres étaient grands, et gros et plus ou moins dominant la position où on se trouvait. Et les allemands en ont profité pour utiliser des tirs de mortier et ils ont envoyé des missiles d’explosifs brisants dans les arbres. Et ça a produit une explosion très en hauteur qui a fait retomber la matière de haut en bas. Et je me tenais assis, mon camarade et moi on avait creusé un trou, une tranchée dans le sol et tout à coup, j’ai senti ma jambe s’engourdir et j’ai regardé la jambe de mon pantalon et je l’ai vue sauter. Et j’ai dit à mon –Tony, le gars qui était avec moi – j’ai demandé : « Est-ce que t’es touché ? » Il a dit oui. Et j’ai dit moi aussi. Alors j’ai rejeté la tête en arrière et dans notre position nos têtes étaient juste en dessous du niveau du sol. J’ai crié : « Tony et Scott sont touchés » Et quand les bombardements se sont arrêtés pendant quelques minutes, les gars des premiers secours sont venus, nous ont attachés sur des brancards et fait une piqûre de quelque chose. Et ils nous ont attachés sur une chenillette reconvertie. Et ça a été notre passage jusqu’au poste de secours. La mienne n’était pas une blessure grave, seulement les deux jambes cassées, un petit bout qui manquait dans la jambe gauche, juste en dessous du genou et un petit bout en moins dans la jambe gauche dans les tibias. Alors c’est le côté sanglant de l’affaire. Je ne suis jamais reparti à la guerre. J’étais de retour à la caserne d’Exhibition Ground le jour de la Victoire en Europe (8 mai 1945).
Follow us