Dennis William Patrick Connolly

Ville d'origine: Benton, Nouveau-Brunswick Conflit: La Deuxième Guerre mondiale Branche: Forces aériennes

  • L’équipage devant un Hawker Hurricane XII de l’Escadron n°130 F, RCAF Bagotville, 21 octobre 1942.
Le Lieutenant Dennis Connolly a été moniteur de vol à la RCAF de Bagotville durant la Seconde Guerre Mondiale.
Mention de source : Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada /  PA-180618
L’équipage devant un Hawker Hurricane XII de l’Escadron n°130 F, RCAF Bagotville, 21 octobre 1942. Le Lieutenant Dennis Connolly a été moniteur de vol à la RCAF de Bagotville durant la Seconde Guerre Mondiale. Mention de source : Ministère de la Défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-180618 Credit: Canada. Dept. of National Defence / Library and Archives Canada / PA-180618
Zoom Close

J’ai effectué 220 heures de vol opérationnel, qui est en fait le temps face à l’ennemi, d’autres chasseurs bombardiers et bombardiers et ainsi de suite.

Mots-clés pertinents

Ressources Web

Transcription / MontrerCacher

J’ai volé en solo tout de suite parce que j’avais une année entière d’entrainement derrière moi. En ce qui concerne les vols, quand on a terminé la formation au Canada, on était tous des pilotes professionnels en quelque sorte. Donc je suis allé dans le 91ème escadron (RAF), un escadron « Jim Crow » officiellement, ce qui voulait dire qu’on faisait de la simple recherche. Autrement dit, on survolait la mer du Nord à différentes altitudes et longeait les côtes françaises et on repérait les convois allemands le long de la côte. Puis on rendait compte de ça en rentrant à Hawkinge (Angleterre), la base du 91ème escadron. Et ils envoyaient alors, par exemple, des bombardiers Hurricane (appareils de chasse) ou quelque chose de cette nature, et on les escortait, en épinglant les convois. Aussi, on faisait du sauvetage air-mer, ce qui voulait dire que quand on perdait quelqu’un dans la Manche, ils avaient le sauvetage air-mer prêt à sortir et larguer des canots pneumatiques pour eux et envoyer des vedettes ultra rapides pour les repêcher, si possible. Et on repérait les gens qui étaient en bas pour eux et les laisser. Puis ils les repêchaient et les ramenaient. Bon, c’était une de nos fonctions.

Assez souvent, on était un peu juste niveau carburant sur le retour et à plusieurs reprises après une attaque, tout le monde est séparé en quelque sorte, à essayer de trouver une route de retour, seuls ou par deux, et quelques cas d’attaques avec les chasseurs allemands qui rentraient de la côte et parfois, on n’avait pas de munitions, alors il fallait que vous fassiez en sorte qu’ils croient que vous en aviez.

J’ai effectué 220 heures de vol opérationnel, qui est en fait le temps face à l’ennemi, d’autres chasseurs bombardiers et bombardiers et ainsi de suite. Alors à ce moment-là, pendant ces deux ans, j’ai fait plus de 120 heures de combat réel ou quelque soit le nom que vous vouliez lui donner. À faire ça, j’ai accumulé 500 heures de pilotage d’un Spitfire (chasseur monoplace), ce qui était un sacré nombre d’heures à cette époque, en si peu de temps. Ça vous donne une idée de combien on était occupés à cette époque parce qu’on manquait de pilotes de chasse.

Dieppe (le raid du 19 août 1942), oui, c’était juste quelques minutes. Alors on avait le temps de refaire le plein de carburant et de réarmer et nous voilà partis. Ce jour-là en particulier, je m’en souviens, on a eu le petit-déjeuner avant le lever du jour et on a décollé juste après le lever du jour et on a fait la navette, refaire le plein, réarmer, et on était prêt pour le déjeuner mais ensuite on a décollé sur alerte à nouveau et on a pas eu de déjeuner. Et ça a duré jusqu’après la tombée de la nuit. Mais c’était une journée vraiment épuisante, celle-là.

On devait se bagarrer avec eux (les allemands) ce jour-là et au départ on était, trois escadrons attaquèrent, et ils avaient 120 avions dans les airs et on avait trois douze, trente-six, et nos chances en général c’était que tous, pendant la journée à Dieppe, ça a duré toute la journée, c’était une des batailles les plus longues pendant la guerre de, vous savez, avions de chasse et ainsi de suite. En fait, ils étaient souvent en nombre supérieur de toute façon. Alors on avait plus ou moins l’habitude d’être moins nombreux. Et avec une bagarre de ce genre, c’est assez dur à dire quand vous avez tout un tas d’escadrons qui tourbillonent et qui se tirent dessus et ainsi de suite.

Le plan d’entrainement aérien (du Commonwealth) que le Canada avait, ils ont fait du bon boulot à former des pilotes en grande quantité. Mais on n’avait personne qui avait l’expérience des chasseurs. Alors notre groupe est parti outre-mer et on a passé deux ans et ensuite ils nous ont ramenés pour être instructeurs à Bagotville (base aérienne de la RCAF à La Baie au Québec), avec les connaissances qu’on avait, les connaissances présentes qu’on avait acquises au cours de nos opérations de vol et on a été capable de faire passer tout ça et de l’intégrer à l’entrainement et ainsi de suite. Alors c’est une des raisons pour lesquelles ils nous ont ramenés.

Les gens me demandaient, bon, est-ce que vous aviez peur pendant tout ça. Et je réponds tout simplement, bon, vous êtes trop occupé, vous n’avez pas le temps. Vous êtes tellement occupé à vous bagarrer que vous faites ce que vous avez à faire et, et vous ne pensez pas à avoir peur.