Témoignages d'anciens combattants:
Gordon “Ted” Harkins

Forces aériennes

  • Carnet de vol de Ted Harkins montrant qu'à la fin de son service il a fait 199 heures d'opérations en vol.

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  • Article de presse provenant de The Sarnia Observer en 1945.

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  • Photo d'un exposé dans le désert auquel Ted Harkins a assisté dans le désert pendant une visite du Général Doolittle, USAF.

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  • Général Doolittle (USAF) et le Commandant d'aile de Ted Harkins, juste avant un raid au-dessus de l'Italie.

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  • Ted Harkins dans son uniforme de la RCAF pendant la guerre.

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"L’aéroport consistait simplement en un endroit dans le désert avec quelques tentes et la piste d’atterrissage ressemblait à une chaîne aplatie, sauf qu’elle faisait six mètres de large. C’était tout."

Transcription

Quand je suis allé outre-mer, on a passé deux ou trois mois à Bournemouth [Angleterre] en attendant que le temps se dégage, en haut dans le Yorkshire, là où la Force aérienne canadienne avait sa base. J’ai été enrôlé dans une équipe et on est devenu le numéro quatre-deux-zéro, 420e Escadron. On commençait juste à faire nos entraînements régulièrement quand ils ont décidé que le 420e Escadron devait aller en Afrique du Nord. Ils nous ont donné de nouveaux aéronefs Wellington. C’était des bombardiers bimoteurs qu’on a pris pour aller jusqu’en Afrique du Nord à un endroit dans le désert qui s’appelait Qairouan, au sud de la Tunisie. L’aéroport consistait simplement en un endroit dans le désert avec quelques tentes et la piste d’atterrissage ressemblait à une chaîne aplatie, sauf qu’elle faisait six mètres de large. C’était tout. De là on a continué, on faisait nos raids sur l’Italie et on a commencé par le détroit situé entre la Sicile et la pointe de l’Italie. On bombardait en avant des Allemands qui battaient en retraite. Ils avaient été expulsés d’Afrique du Nord et la Huitième armée [britannique] et l’Armée canadienne allaient venir à l’arrière de la botte, du côté est de l’Italie et les Américains bombardaient du côté ouest, ça c’était pendant le jour. Nous, on faisait toujours notre travail la nuit. Oui [Général James Harold] « Jimmy » Doolittle [commandant général des forces aériennes stratégiques du nord-ouest de l’Afrique], il était impliqué dans les bombardements sur le Japon. Je pense que Doolittle était là pour voir ce qui se passait pendant les bombardements de nuit parce que je n’ai fait que des vols de nuit durant ma carrière avec la force aérienne. Les Américains faisaient toujours leur travail pendant le jour. Je ne savais pas exactement ce qu’il avait fait, mais lui et le commandant de notre escadron en Afrique du Nord, ils ont dû aller à l’école ensemble parce qu’ils n’arrêtaient pas de parler et j’essayais de naviguer mais je ne pouvais pas m’empêcher de les écouter. En tout cas, c’était une nuit au-dessus de la Méditerranée qui n’était pas très plaisante. D’habitude, on suivait une route pour aller vers la cible mais là on n’arrivait pas à garder tout le temps la même direction à cause des orages électriques. On a eu un briefing dans le désert et Doolittle était là et quand le briefing a été terminé, lui et le commandant d’escadre ont déplacé mon pilote et le commandant d’escadre a pris le contrôle de l’aéronef et Doolittle lui parlait. Bon, une fois qu’ils ont atteint une certaine altitude, ils n’ont plus besoin de faire beaucoup de manœuvres, ils peuvent se mettre en pilotage automatique, ça marche tout aussi bien mais Doolittle était un gars terre à terre et je savais que je ne pouvais pas interrompre la conversation ou leur demander de se taire, mais j’ai saisi des bribes de conversation et j’ai compris qu’ils avaient dû aller à l’université ensemble. Je n’ai pas réussi à en apprendre plus. En tout cas, Doolittle, il ne portait pas ses habits habituels. À cette époque, est-ce qu’il était lieutenant général? – de toute façon, il avait un grade élevé. Il est venu avec nous et j’étais le navigateur, j’étais dans l’avion avec des pilotes de haut rang et le reste de l’équipage habituel, l’opérateur radio et le mitrailleur de queue et ainsi de suite, c’était en bas à l’extérieur de la Tunisie et la cible cette nuit était très loin au sud de la France, ces deux îles, la Sardaigne et la Corse. La moitié de notre escadron avait fait demi-tour à cause du mauvais temps, c’est tout. Je n’ai jamais revu Doolittle après qu’il a quitté l’avion. Je l’ai vu au briefing et quand il est monté dans l’aéronef. C’était quelqu’un de très sympathique, il était terre à terre, vous ne vous seriez jamais douté que c’était un officier haut gradé, il ne l’affichait pas.
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