Témoignages d'anciens combattants:
Victor Hodge

Forces aériennes

  • Photo d'un Lancaster, avec le groupe requis pour la réparation et la maintenance de l'avion, vers 1944.

    Victor Hodge
  • Escadron de la RAF, vers 1941.

    Victor Hodge
  • Certificat de service, le 6 avril 1970.

    Victor Hodge
  • Médailles de Victor Hodge (de gauche à droite): Médaille de la Défense, Médaille du Service des Volontaires Canadiens et fermoir, Médaille de guerre (1939-45); Médaille Canadienne du Centenaire (1967); Décoration des Forces Canadiennes et fermoir; Insigne des aviateurs.

    Victor Hodge
  • Victor Hodge en 2010.

    Historica Canada
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Écoutez ce témoignage

"« Ils l’ont abattu avant qu’il n’atteigne la côte. Et il n’est jamais arrivé à destination. C’est la seule fois où j’ai réellement vu un avion ennemi. Et dire que j’avais trouvé cela amusant à l’époque. »"

Transcription

Probablement soixante quinze pour cent des gens qui étaient dans les forces travaillaient comme techniciens. Parce que même dans l’armée de terre, vous devez avoir des hommes qui sont capables de s’occuper des chars. Et c’est un gros boulot d’avoir tous ces gens de tous métiers à gérer et ne pas avoir le moindre accident. Ils comptent sur vous, votre vie à vous aussi dépend de votre, du fait que vous fassiez les vérifications adéquates et de prendre soin des avions. Ma première affectation c’était à Borden – Camp Borden en Ontario, au nord de Barrie. On a commencé avec des Tiger Moth mais c’est vite tombé à l’eau parce qu’ils ont commencé à fabriquer les Fairey Battle. Les Fairey Battle étaient envoyés sur les rivières comme remorqueurs – ils remorquaient les cônes. Et c’était là où les pilotes faisaient leurs entraînement au tir. C’était un avion monomoteur et le monomoteur était la priorité parce que les avions de chasse étaient les principaux avions qui devaient protéger l’Angleterre. Ensuite le Avro-Anson c’était un bimoteur et ils ont appris à se servir des Anson aussi. Et une fois que vous avez appris à vous servir des deux manches, vous pouviez vous servir de quatre. Alors le bimoteur plus le quadri ça vous donne les Lancaster et les Halifax. A Skipton quand j’y suis allé pour la première fois, les Halifax faisaient la traversée et ils faisaient tous ces raids en série. Et ils étaient en train de découvrir qu’on les repérait très vite au radar. Alors on a chargé des boites et des boites de ce qu’ils appellent des « window » - je suis sûr que c’est bien ce nom-là – et ça scintillait. C’était de longues guirlandes de papiers argenté. Elles faisaient deux centimètres et demi environ de large et elles étaient très longues. Bon, ce qu’ils faisaient c’est qu’ils les jetaient dehors en plein vol, cet avion y allait en premier, ils jetaient tout ça dehors et pendant que ces trucs faisaient leur descente, ça voletait, le radar repérait toutes ces mouvements et croyait qu’il s’agissait d’une invasion massive. Et ils ne pouvaient pas déceler votre avion dans cette pagaille. Alors ça aidait. Ca donnait aux pilotes une petite marge de sécurité, vous savez, sans être descendus. Après les raids on nous faisait sortir assez tôt ; ça leur prenait assez longtemps pour revenir, ils rentraient dans la soirée. Et quand cet avion est arrivé, un Messerschmitt le suivait. Et le mitrailleur de queue tirait sur le Messerschmitt et on était dans notre caserne et on entendait ce bruit et on s’est demandé ce que c’était. Alors on était tous aller aux fenêtres pour regarder dehors. L’avion est arrivé et a atterri, il a fait un virage à main gauche, il est allé droit le dépôt de bombes, n’a même rien fait du tout là-bas, mais il a fait demi-tour, est revenu en arrière du côté de notre caserne et l’a mitraillée. Bon, heureusement, les balles ont dû atterrir entre les étages parce qu’on avait le plâtre qui tombait dans la poussière mais personne n’a été blessé tous on regardait et on l’a vu partir et ils ont dit qu’il n’allait jamais s’en sortir. Ils l’auraient avant qu’il atteigne la côte. Et il ne s’en est pas sorti, il n’a pas réussi. Donc ça a été la seule et unique fois où j’ai vu un avion ennemi, mais c’était assez amusant sur le moment.
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