Témoignages d'anciens combattants:
James “Jim” Mahar

Forces aériennes

  • Camarades de James Mahar en Afrique de l'ouest.

    James Mahar
  • James Mahar pose avec ses camarades techniciens radar en Afrique de l'ouest en 1944. M. Mahar est le deuxième à droite au dernier rang.

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  • Des techniciens radar de la RCAF et de la RAF découvre la vie sauvage de l'Afrique de l'ouest alors qu'ils sont en train d'attendre pour se laver en 1944.

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  • James Mahar célèbre le jour de la Victoire en Afrique de l'ouest avec ses amis, il est le 3ème à droite au dernier rang.

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  • Menu d'un dîner "Bonhomie" que M. Mahar a apprécié en 1944.

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"« J’étais si habitué de ne jamais répondre aux questions que si vous m’aviez demandé l’heure, je vous aurais sans doute menti. Et je restais très évasif quand on me demandait ce que j’avais fait et où j’étais allé. »"

Transcription

A cette époque, le radar était quelque chose de complètement secret et ça l’est resté pendant une trentaine d’années après la guerre. Vous n’aviez pas le droit d’en parler, et ça jusqu’à une trentaine d’années après la fin de la guerre. Je m’étais tellement bien habitué à ne pas répondre aux questions que si vous m’aviez demandé l’heure qu’il était, je vous aurais menti, et je restais toujours très évasif sur ce que j’avais fait et où j’avais été. Par exemple, à Clinton en Ontario, quand on suivait la formation sur le radar, vous descendiez en ville à Clinton, il y avait un dancing. Et vous y alliez et vous dansiez avec une jeune femme en civil et vous dansiez avec elle et elle vous disait, et qu’est-ce que tu fais dans l’armée de l’air ? Et votre réponse c’était que vous étiez un technicien radio, un opérateur radio. Et vous aviez les insignes d’un opérateur radio sur le bras. En fait, le mot radar n’a pas été utilisé jusqu’en 1943 à peu près. Jusque là, on disait ES, ce qui voulait dire équipement secret ce qui d’une certaine façon le dévoilait. Un jour, un officier est venu, un officier radar, et il a dit, la guerre a changé d’endroit. Les grosses pertes sont désormais au large des côtes de l’Afrique occidentale parce que les sous-marins, les U-bootes, étaient équipés d’un nouveau type de radar qu’on avait nommé le Mark III ASV, le Mark III, détection des bâtiments de surface. Et il était vraiment beaucoup plus efficace que le truc avec lequel je travaillais qui était le Mark II ASV. C’était un sacré bond en avant. Et les U-bootes se faisaient ramasser au large des côtes anglaises, alors ils ont changé de place et sont descendus en Afrique, et au large des côtes d’Afrique occidentale arrivaient tous les convois qui venaient d’Afrique du Sud, d’Amérique, d’Inde, de partout. Et il y avait une route régulière qui passait par la Sierra Léone. Quand on est allé en Afrique, on avait pas la moindre idée de là où on mettait les pieds. De nos jours il est considéré comme le pays le plus dangereux au monde, d’après l’Organisation Mondiale de la Santé. Non seulement vous avez la malaria et la lèpre et la fièvre jaune et la fièvre bilieuse hémoglobinurique, différentes sortes de typhoïde et ainsi de suite, c’est un endroit terrible vraiment. J’y ai passé une année et demie ainsi que les types du radar avec lesquels j’étais. Et on a tous attrapé quelque chose. Moi c’était la malaria et j’ai aussi eu quelque chose appelé gingivite ulcéreuse. Et j’ai fini par perdre toutes mes dents à cause de cette gingivite aigüe. C’est une maladie des gencives où les gencives enflent et elles s’écartent des dents, ce qui laisse des espaces dans lesquels la nourriture va se loger et où elle se décompose et vous ne pouvez pas l’atteindre, vous ne pouvez pas brosser, vous ne pouvez rien faire. Et puis ils enduisaient mes dents et mes gencives avec de l’acide chromique, pour ainsi dire tous les jours et au bout d’un moment cet acide détruit votre organisme. Et ils ont essayé toutes sortes de traitements pour guérir ça mais ils n’y arrivaient pas, c’était incurable. Dans une des stations où on était, une station appelée Jui, ce qui veut dire, croyez-le ou non, le marécage de la mort, et l’endroit où je me trouvais s’appelait le cimetière de l’homme blanc. C’était aussi un cimetière pour de nombreux noirs mais on devait descendre par là en traversant ce champ de ce qu’on appelle de l’herbe à éléphant et pour arriver jusqu’au canot, qui nous amenait aux Sunderland et Catalina et c’était juste un étroit passage à travers l’herbe qui nous arrivait jusqu’à la poitrine. Et j’ai marché là deux ou trois fois par jour pendant des années. Et puis à peu près une fois par mois, il le faisait brûler quand le vent allait dans la bonne direction pour se débarrasser de l’herbe et comme ça vous pouviez voir où vous alliez. Et puis quand la fumée commençait à monter, vous aviez des vautours, des centaines de vautours qui arrivaient de tous les côtés, perchés sur les grands arbres, qui attendaient. Et les flammes s’éloignaient, ils fondaient et ramassaient les serpents et il y avait des centaines de serpents. Et ils se trouvaient là où on passait chaque jour.
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