Témoignages d'anciens combattants:
Gordon MacDonald

Armée

  • Gordon MacDonald lorsqu'il était rattaché au 23ème régiment de campagne de la RCA en octobre 1945.

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  • Gordon MacDonald assis sur une bombe à Oldenburg, Allemagne, le 8 mai 1945.

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  • Gordon MacDonald à Oldenburg, Allemagne, en 1945.

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  • Gordon MacDonald à Oldenburg, Allemagne, 1945.

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  • Gordon MacDonald lorsqu'il était attaché au 62ème régiment britannique anti-char à Roosendaal, Hollande, 1944.

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"Les religieuses couraient partout en se demandant que faire des fillettes qu’elles tenaient dans leurs bras et qui pleuraient en appelant leurs mères. C’était tragique. Je n’ai jamais rien vu d’aussi triste. Je revois encore la scène comme si c’était hier."

Transcription

Ce groupe s’appelait le First Canadian Air Support Control Signals, et ensuite il a été changé en First canadian Air Support Signals Unit. Ma vie à l’armée avec eux ça n’était pas très varié. Nous étions un petit groupe d’à peu près 120 hommes et à la fin de la guerre nous étions dans les 140, partagés en trois sections, qu’ils appelaient la section de terrain, la section d’état-major et la section aérienne. J’étais dans la section de terrain. Nous avions ce qu’on appelait des détachements, un caporal, un chauffeur et deux opérateurs. J’étais un des opérateurs. On avait un camion radio. L’objet de notre travail c’était de faire le voyage avec les troupes avancées et, à la demande, renvoyer un message à l’armée de terre et de là la relayer à la force aérienne. La demande c’était pour un avion, en général un Typhon ou quelquefois un Mosquito. Ils avaient des roquettes fixées sous leurs ailes. Et la cible c’était en général un char d’assaut camouflé dans un trou, un nid de mitrailleuse, une batterie d’artillerie ou quoique ce soit d’autre qui pouvait entraver la progression de nos troupes. Au jour le jour, on ne suivait pas les ordres et on n’observait pas la même discipline que les unités auxquelles on était rattachés, à l’exception évidemment, des règles courantes dans l’armée et des consignes générales. On ne nous donnait pas d’autres tâches comme par exemple la corvée de cuisine ou les tours de garde. Notre travail avec l’unité sur le terrain c’était de voyager aux côtés des troupes de combat.

On se trouvait à la périphérie de Antwerp (Belgique). On était dans un bâtiment qui ressemblait à un château. Ce que j’ai vu de pire ça a été une école de filles dans la partie nord de Antwerp, qui était située à environ la taille d’un terrain de foot de notre bâtiment. Il y avait huit classes, quatre en bas et quatre en haut, avec un grand couloir central. De bonne heure un matin, j’ai entendu une explosion très bruyante. Du verre et des débris ont volé jusque dans ma chambre, sur mon lit. Heureusement pour moi, j’étais aux toilettes à ce moment-là. Le boche, montrant son intérêt habituel à l’égard des enfants, avait largué une bombe V2 à la porte de l’école. Quelques uns d’entre nous se sont précipités là-bas. C’était quelque chose de terrible à voir. Il y avait un énorme cratère d’une dizaine de mètres de diamètre, les portes et les fenêtres soufflées, le verre et le plâtre, des débris de tous les côtés. Les fillettes étaient étendues sur le sol tout autour. Certaines étaient mortes, d’autres avaient des membres fracturés et des lacérations. Les religieuses courraient dans tous les sens en se demandant quoi faire des fillettes qu’elles avaient dans les bras. Les fillettes criaient en appelant leurs mères. D’autres pleuraient ou seulement gémissaient. On a aidé un petit peu jusqu’à l’arrivée des vrais secours. On nous a alors demandé de retourner à notre logement. C’est une des tragédies les plus tristes que j’ai vues. Aujourd’hui encore, je repasse cette scène intacte dans ma tête.

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