Témoignages d'anciens combattants:
George Neale

Forces aériennes

  • Camp de prisonnier de guerre de George Neale.

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  • Carte de membre du Goldfish Club de George Neale, qui a été donné aux aviateurs qui ont atterri avec succès leur avion dans la mer.

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  • Équipage de George Neale devant leur Halifax.

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  • Un Handley Page Halifax après un atterrissage sur le ventre en Angleterre.

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  • Annonce dans le journal de la ville natale de George Neale, après qu'il soit porté disparu en Europe.

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Écoutez ce témoignage

"J’ai toujours eu un côté casse-cou et c’est sans doute pourquoi nous avons décidé, deux autres pilotes et moi qui en avions assez de survoler la côte, de traverser la Manche en douce jusqu’à Le Havre."

Transcription

Une bonne chose à propos de la guerre, c’est que j’ai rencontré deux très bons pilotes. L’un venait du sud de la Rhodésie (ancienne colonie britannique) et l’autre venait d’Australie. Et celui qui venait d’Australie s’appelait George Bernard Shaw, ce qui m’a toujours beaucoup amusé parce que c’est un grand nom de la poésie. Quoiqu’il en soit, on volait tous les trois ensemble et on était dans un escadron de Beaufighter qui patrouillait dans la Manche. Or, vous ne vous souvenez sûrement pas de ça, mais c’était un boulot très rasoir pour un pilote et particulièrement quelqu’un de 18-19 ans qui est plutôt, j’ai toujours eu une propension à faire les quatre cents coups et je suppose que c’est pour ça qu’avec les deux autres pilotes, on a décidé que c’était trop calme de faire nos patrouilles le long de la côte, alors on a décidé de faire un raid clandestin et de traverser la Manche jusqu’au Havre. Or, c’était vraiment venir à l’encontre de tous les ordres parce que quand vous êtes dans une patrouille côtière, avec un escadron anglais, vous n’êtes pas vraiment autorisé à penser par vous-même. Vous êtes censé faire ce qu’on vous dit de faire. Alors ce truc là, tous les trois, avec trois Beaufighter, on s’est regroupés pour traverser la Manche jusqu’au Havre, qui était complètement sous occupation allemande. On a passé un moment épatant ! Je peux dire épatant maintenant car je sais à quel point j’étais transporté quand j’ai vu le Havre se pointer à l’horizon, et on volait à très basse altitude, 200-300 pieds, ce qui nous a permis d’éviter les radars allemands. On est arrivés rapidement sur le Havre et on les a pris complètement par surprise, on a tiré sur tout ce qui se trouvait à portée de vue, tous les trois. Et puis après avoir passé là dix à quinze minutes on a fait demi-tour et on est repartis en Angleterre.

Pendant le retour, le navigateur que j’avais dans le Beaufighter, -il y a deux personnes à bord d’un Beaufighter, le pilote et le navigateur – on en était environ à vingt minutes de traversée la Manche quand le navigateur a dit : « Désolé patron, on a du être touché par un tir de DCA au dessus du Havre et on va devoir faire un amerrissage forcé dans la Manche. » C’était vraiment très excitant en soi parce que je n’avais jamais fait d’amerrissage forcé avant. Alors on a laissé passer encore quelques minutes et puis on a décidé qu’il n’y avait rien d’autre à faire, on allait devoir faire un amerrissage forcé. On l’a fait et le Beaufighter avait un système lié à l’eau salée qui faisait que dès qu’on touchait l’eau, pouf ! Votre canot de sauvetage surgissait. Et on est sortis et on a nagé jusqu’au canot, et le Beaufighter, qui est un avion très lourd, est tombé comme une pierre au fond de la Manche. Une bonne chose à ce propos ; je pensais, bon, personne ne va nous mettre ça sur le dos parce qu’ils ne vont jamais avoir la preuve qu’on est allé au Havre parce que tout ça serait au fond de la Manche, et c’est devenu notre blague silencieuse. Or, mes deux autres copains, on s’était tous mis d’accord sur le fait que si quelque chose arrivait à l’un d’entre nous, les deux autres voleraient au nord pour que quoi que ce soit qu’on puisse dire sur ce qui s’était passé, ils pourraient le confirmer. Résultat, on avait la chance que le vent souffle au nord sur l’Angleterre, alors après quelques minutes on a décidé d’essayer de retourner en ramant avec la petite rame qui fait partie du canot. Et on a fait oh, je dirais la moitié de la traversée et on était tous tout mouillés et très excités. J’ai pensé après coup, maintenant que je suis chez moi après toutes ces années, ils auraient dû avoir une corde pour attacher le canot au Beaufighter, vraiment, quand le Beaufighter amerrissait et que le canot surgissait, il fallait nager comme un fou pour rattraper ce sacré canot ! Alors on a décidé qu’on allait en faire la remarque.

Bon, on a été récupérés par le sauvetage air-mer et quand où on est arrivé dans notre escadron, il s’était passé deux semaines, et tout à coup ça a fait la une des journaux anglais : « Equipage clandestin de la RAF sur le Havre » Oh, tout le monde était très excité à ce sujet, tout le monde sauf mon escadron. Ils disaient : « Nous n’avons donné aucun ordres pour un raid clandestin sur le Havre. » Alors, qu’est qui va bien se passer ? Et bien, ils ont fait une enquête et ils ont découvert qu’on y était allés de notre propre chef et ils étaient bien embêtés à cause de ça, la RAF. Alors ils ont décidé de me faire redescendre du grade de lieutenant d’aviation à celui de sergent pilote. Et oui et de me mettre au trou pendant deux semaines, le trou c’est la prison ! Quand j’en suis sorti, j’ai eu davantage d’ordres, des ordres par écrit, de quelqu’un qui disait : « Ce gars est trop déchainé pour piloter un Beaufighter. Mettez-le sur un Wellington. » Alors on a été transféré dans un escadron de Wellington. Et des Wellington – on a fait deux raids avec –on est ensuite allés dans le grand escadron, Le 419ème Escadron de Halifax, qui s’appelait l’Escadron Moose (orignal/élan) parce qu’il avait été formé au Canada bien des années auparavant. Résultat, on a été ensuite transféré dans le 419ème escadron.

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