Témoignages d'anciens combattants:
René Massé

Armée

  • Bon pour valeur monétaire remis aux prisonniers français pour travaux forcés.

    René Massé
  • Photo prise lors du souper du 25e anniversaire de la bataille d'Ortona. À gauche, le général Tricquet, V.C capitaine lors de cet événement; René Massé avec son épouse; et le général Betnachez.

    René Massé
  • René Massé, à l'âge de 19 ans, en novembre 1943.

    René Massé
  • Musée du 22e Régiment, Québec
  • Musée du 22e Régiment, Québec
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"Un type qui était là a remarqué qu’il était marqué « Canada » sur leurs uniformes. Une femme dit alors : « Ne me dites pas qu’ils ont envoyé des sauvages pour garder le roi »."

Transcription

Lorsque je me suis enrôlé à Montmagny, je me suis rapporté là. Je leur ai dit, « L’infanterie, moi ça ne m’intéresse pas ». L’infanterie, moi je connaissais ça un peu, car mon père avait été dans l’infanterie et mon grand-père aussi. Mon père à la guerre de 1914 et mon grand-père à la guerre des Boers. Tout ce qu’il m’a dit quand je me suis enrôlé, il dit « baptême de fou »! Il m’avait peut-être influencé de ce côté là. D’un autre côté, j’avais un penchant pour la mécanique. D’après moi, on était à l’abri dans les chars d’assaut et on s’occupait de la mécanique. Ce n’était pas tout à fait ça, mais quand même, mais c’était mon idée.

« Les boîtes à sardines », qu’on appelait ça. On était à l’étroit [dans les chars], six hommes collés un contre l’autre. Lorsqu’on avait des congés, on allait à Londres. Il y avait une dame qui recevait les militaires. Lorsqu’on avait un congé soit le samedi ou le dimanche, elle nous recevait pour le thé à 4 heures de l’après-midi. Disons que j’étais un peu comme la vedette, ils m’appelaient « Frenchie » parce que je parlais français et que tous les autres parlaient anglais seulement. Alors, le « Frenchie » était plus populaire que les autres auprès des jeunes filles.

Ça m’a été raconté, lorsque le [Royal] 22e Régiment a fait la garde au palais de Buckingham - je ne sais pas si vous le savez, mais le 22e Régiment c’est le seul régiment de l’Empire britannique où les commandements se donnent en français - donc, lorsque le 22e montait la garde au palais, les commandements se donnaient en français. Il y avait des gens qui se demandaient c’était qui ces gens là. Quelle langue parlaient-ils ? L’uniforme britannique, mais ils ne parlent pas anglais! Un type qui était là a remarqué qu’il était marqué « Canada » sur leurs uniformes. Une femme dit alors : « Ne me dites pas qu’ils ont envoyé des sauvages pour garder le roi ».

Le 22e est parti d’Italie pour s’en venir dans le nord-ouest de l’Europe. Ils manquaient d’effectifs. Le lieutenant-colonel me dit : « Frenchie, si tu veux aller dans un régiment canadien français tu as l’opportunité. Le 22e demande du renfort. » Ils m’ont placé dans la compagnie de support, dans le peloton. C’était tous des gars de la région de Saint-Jean Sur Richelieu. Je me trouvais réellement en famille, plus à l’aise encore. Dans le 22e, ils nous appelaient la gang de Saint-Jean. Il y avait le peloton Saint-Jean, parce qu’on se tenait tous ensemble. Nous sommes seulement trois qui restent de ce groupe-là, les autres sont décédés et d’autres dont j’ai perdu la trace.

Octobre ou novembre [1944], dans Saint-Omer [France], c’était assez mouvementé. On vivait plus sous le stress que d’autre chose. Je me souviens d’une fois où on avait été bombardé par l’aviation américaine par erreur, car le régiment [le 1st Hussars] était trop en avance sur la cédule [l’horaire]. Lorsqu’on rencontrait des Français et même des Belges ou des Hollandais, ils étaient toujours très contents de nous recevoir, principalement les Français et les Belges parce que je parlais français. Disons que j’avais de meilleurs contacts.

Lorsque j’ai été blessé en Hollande, j’ai été hébergé dans une famille hollandaise. Je me sentais un peu mal à l'aise, car je prenais de leur nourriture et ils avaient très peu à manger. Les deux jours que j’ai été là, j’ai pris de leur nourriture et j’ai partagé ce qu’il restait de mes rations. J’y reviens tous les deux ans, j’ai conservé son adresse.

Lorsque je suis revenu au Canada, je leur ai écrit pour les remercier…de leur dette de reconnaissance envers le Canada, pour avoir participé à la libération du pays. Ils avaient été heureux de m’héberger.

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