Témoignages d'anciens combattants:
Tom Gunning

Marine

  • A bord du HMCS Cape Breton dans la Manche, 1944.

    Tom Gunning
  • Groupe d'escorte (EG6) ancré aux iles Féroé, en octobre 1944.

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  • Portrait de Tom Gunning en uniforme, pris pendant la guerre.

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  • Tom Gunning assistant à la cérémonie du 60ème anniversaire du jour J, au Cimetière Canadien de la guerre à Cintheaux, France, en 2004.

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  • HMCS Cape Breton (K350), le navire sur lequel Tom Gunning a stationné aux Iles Féroé, le 12 octobre 1944.

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"C’était toujours le branle-bas de combat. Ils distribuaient des cachets pour nous tenir éveillés et au cinquième jour, je me suis effondré sans connaissance sur le capot de descente."

Transcription

On nous a mis dans un convoi pour servir dans le Nord Atlantique pendant un certain temps, [Groupe d’escorte] EG9. Ils ont retiré des frégates du groupe EG9 pour former le groupe de force de frappe EG6. On est partis précipitamment de Londonderry, Irlande et on est allés à Scapa Flow [Écosse] et on a rejoint les convois qui allaient à Mourmansk [Russie]. On a abouti à Mourmansk dans la mer de Béring et dans la presqu’île de Kola. Pendant qu’on était là-bas, il y avait tous ces destroyers que les alliés avaient capturés en Italie et ils ont donné ces destroyers aux Russes et ils étaient tous ancrés dans la presqu’île de Kola. Les gens étaient affamés et il n’y avait pas beaucoup d’argent; c’était le règne du traficotage. Sur le chemin du retour, on a contourné le coin et on est arrivé près de Bear Island [Norvège], où il y avait les sous-marins qui ont attaqué le convoi auquel on servait de guide. Les attaques étaient si intenses qu’on a largué des grenades sous-marines [armes anti-sous-marines] sans arrêt pendant cinq jours et cinq nuits. On était constamment au poste de combat [prêts à attaquer]. Ils nous ont donné des pilules pour qu’on reste réveillés et à la fin du cinquième jour, je me suis effondré, inconscient et j’étais allongé dans les escaliers. L’alarme sonnait et j’étais parterre et je sentais de puissantes explosions toucher le navire. Ça m’a en quelque sorte réveillé et j’ai regardé autour de moi, il n’y avait personne que je… Je suis retourné précipitamment à mon poste de combat. Mais après cinq jour et cinq nuits, complètement épuisé. On est arrivé finalement dans la Manche mardi, le 6 juin, mardi matin et on est restés là-bas pendant deux mois. On faisait du travail anti-sous-marin et on repêchait des gens sur des barges endommagées. Un jour on était en train de patrouiller et la mer était plate comme une crêpe. Je pense que c’était un dimanche matin et l’une des frégates qui naviguait avec nous, la NCSM Annan, ou peut-être la HMS Annan, parce qu’il y avait un équipage anglais et vous savez que les Britanniques aiment leurs fish and chips. Donc, ils étaient en train de faire des fish and chips quand ils ont détecté un signal radar. Ils ont demandé la permission de l’attaquer et ils ont attaqué, ils ont largué dix grenades sous-marines sur la cible qui était une barge de munitions qui avait coulé. Les grenades sous-marines ont exposé [sic] la barge de munitions directement sous le navire et l’ont propulsé hors de l’eau dans les airs. Un gros nuage gris a recouvert le navire et tout ce que vous pouviez voir au milieu de ce nuage gris c’était une masse qui sortait de l’eau. Ensuite, le bateau est retombé sur l’eau; on s’est rapproché et on a vu des hommes étendus sur les ponts qui saignaient des oreilles et de la bouche; les cuisiniers dans l’office ont été recouverts d’huile et ébouillantés parce qu’on ne doit pas faire de fish and chips en mer. [Rires]
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