Témoignages d'anciens combattants:
Cliff Henry Lloyd

Armée

  • Sgt. Clifford Lloyd lorsqu'il stationnait aux Pays-Bas en 1945.

    Cliff Lloyd
  • Médailles de Cliffors Lloyd qu'il a reçu à la fin de la guerre en 1945. De gauche à droite: Étoile 1939-45; Étoile France-Allemagne; Médaille de la Défense; Médaille du Service des Volontaires Canadiens avec fermoir; Médaille de Guerre (1939-45).

    Cliff Lloyd
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"Vous savez ce qu’ils avaient à manger pour le dîner ? Des pommes frites parce qu’ils avaient tellement peu à manger là-bas. Alors quand on est rentrés au camp, j’ai dit au gars qui s’occupait des rations, je lui ai raconté (à propos du dîner). Il a dit, prends toute ta ration et donne-la leur."

Transcription

J’étais dans l’infanterie et puis ils m’ont mis dans, chaque atelier avait un sergent d’infanterie. Et j’ai été promu sergent, c’est ça. Et je n’avais que vingt ans à l’époque, un peu jeune pour ça. Parce que vous aviez la responsabilité de la discipline et du bon ordre des 300 et quelques hommes, je crois que c’était ça approximativement. J’avais la responsabilité de la discipline et du bon ordre dans l’unité. En tant que sergent, en tant qu’homme d’infanterie, j’étais le seul homme qui appartenait à l’infanterie dans l’unité, le reste c’était tout des gens de métier, vous savez, c’étaient par exemple des gens qui testaient les blindés et des gens qui réparaient les canons, et c’était un atelier vraiment. Un camion qui tombait en panne, ils nous les ramenait pour la révision, alors c’était vraiment tous des hommes de métier mais, bon, je dirais tous sauf moi, parce que moi j’étais dans l’infanterie. Si un homme buvait ou avait une intoxication ou ne se présentait pas à temps pour la revue d’inspection, c’était mon travail de voir qu’il avait fait ça. S’il ne le faisait pas, et bien je pouvais alors le poursuivre en vertu de la loi sur la guerre et du code de discipline de l’armée. On a débarqué en France le 6 juillet 1944. Et on avait droit à un endroit spécial pour mettre tout notre équipement et tout ce qu’on avait pour l’atelier. Et quand je regardais en arrière je pouvais voir la Manche, ce n’était pas très loin à l’intérieur. La première nuit, je regardais et on a été salement bombardés. Je veux dire, on a été bombardés, ils ont trouvé notre lieu et on ils nous ont juste pilonnés là dedans. Mais il n’y a pas eu de victimes pour ce que j’en sais, ou ce dont je me souviens. Donc j’ai traversé la France, jusqu’à la Belgique et on a libéré la Hollande. J’ai fais la connaissance de cette fille. Elle était institutrice et elle parlait bien anglais. Alors j’ai pensé, bon, elle a plein de qualités pour moi, parce qu’elle parle sa langue et la mienne. Et elle m’a demandé de venir la voir après leur retour en Hollande parce que pour la libération, ils avaient quitté la ville, partis à la campagne parce que, vous savez, les tirs ça n’arrêtait pas pour les libérer à cause de l’occupation allemande. Alors j’ai noté son numéro de téléphone, pas son numéro de téléphone, parce que je ne pense pas qu’ils avaient un téléphone mais elle vivait à Fort Kijk in de Potterstraat en Hollande. Nimègue c’était le nom de la ville. Alors après qu’on se soit installés là-bas, j’ai pensé, bon, je vais aller lui rendre visite. Alors j’y suis allé et elle m’a demandé de revenir le lendemain soir ou autre, je ne sais plus trop bien, pour le dîner. Alors je suis revenu, vous savez ce qu’ils avaient à manger pour le dîner ? Des pommes frites parce qu’ils avaient tellement peu à manger là-bas. Alors quand on est rentrés au camp, j’ai dit au gars qui s’occupait des rations, je lui ai raconté (à propos du dîner). Il a dit, prends toute ta ration et donne-la leur. J’ai fait ça, et mazette, ce qu’ils étaient reconnaissants. Alors je leur ai rendu visite assez souvent et c’était comme la maison, c’était dans un appartement. Elle m’a emmené à un concert de Noël. Et tout, tout ce que je connaissais c’était la musique, pas, je ne connaissais pas les mots en hollandais et m’en a traduit une partie. Mais quoiqu’il en soit ils étaient vraiment gentils avec moi. Et quand on est rentrés chez nous, on était à une dizaine de kilomètres de la ville dans un camp où on se préparait à rentrer chez nous et j’étais content. Et puis elle et sa sœur, elles étaient toutes les deux institutrices, elles ont fait les dix kilomètres en vélo pour venir me dire au revoir, mais elles ne m’ont pas trouvé parce que, je veux dire, tous ces camps immenses, elle ne savait pas, elle ne savait pas où me trouver. Mais, en tout cas, quand je suis arrivé chez moi, j’ai raconté à ma mère tout ce qu’ils avaient fait de gentil pour moi et comment la Hollande ils nous appréciaient, alors ma mère a fait un gros colis de vêtements et de choses dont ils manquaient et dont je lui avait parlé, comme des bas nylon qu’ils ne connaissaient même pas encore, dont ils avaient juste entendu parler. Alors elle leur a envoyé tout ça et on a reçu une gentille lettre de leur part. Merci beaucoup de votre accueil. Et je suis à la maison maintenant.
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