Témoignages d'anciens combattants:
Monty Brown

Armée

  • M. Monty Brown ici photographié avec l'uniforme qui a été remis à ceux faisant partie de la 20ème division indienne, Inde, 1944.

    Monty Brown
  • Portrait de groupe de la 63ème compagnie d'atelier d'infanterie indienne, I.E.M.E, 20ème division indienne, brigade No. 20 à Tharrawaddy, Birmanie, 1945. M. Brown est assis au 2nd rang le 5ème à gauche.

    Montry Brown
  • Gardes Gurkha, tenant leurs couteaux Kukri, sont au garde-à-vous pendant le défilé d'adieux de la brigade No. 80 à Makassar, Indonésie, en 1944.

    Monty Brown
  • 1er bataillon Kumaons défilant pendant la parade d'adieux de la brigade No. 80 à Makassar, Indonésie, en 1944, pendant que les gardes Gurkha se tiennent au garde-à-vous avec leurs couteaux Kukri.

    Monty Brown
  • Portrait de Monty Brown peint par un prisonnier de guerre japonais qui a utlisé une boîte d'aquarelle de 6 pièces trouvé dans un bazar local en Birmanie, 1945.

    I. Miyazaki
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"« C’est en entrant là que j’ai vécu ma première expérience bizarre. J’ai senti dans l’air une odeur douceâtre, et on m’a expliqué que c’était les cadavres des Japonais qui se décomposaient. »"

Transcription

On a pris la mer, on nous a dit que notre destination c’était Bombay. La Méditerranée avait été rouverte à ce moment-là, alors on allait traverser la Méditerranée. Il ne s’est pas passé grand-chose pendant le voyage. On a débarqué à Bombay et j’ai été alors détaché dans l’armée indienne ; et j’ai été affecté à une unité dans le Penjab, qui s’occupait d’un grand, un groupe de formation en conduite automobile, qui s’occupait de l’entretien de 900 véhicules, en trois groupes.

Et je suis resté là pendant trois ou quatre mois occupé à m’acclimater et j’ai pris des cours pour avoir un complément d’instruction et vous aviez les langues. On m’a enseigné le Urdu. Finalement j’ai été affecté et j’ai été envoyé en Birmanie. Et j’ai rejoint la 20ème division d’infanterie indienne et la vie en Birmanie était intéressante. Je venais juste d’arriver là-bas quand j’ai vécu ma première expérience bizarre. J’avais remarqué une odeur doucereuse dans le fond de l’air, puis on m’a dit que ça venait des cadavres des japonais en décomposition.

Après les batailles d’Imphal et de Kohima, les japonais battirent en retraite en traversant la Birmanie vers le sud et ils furent pourchassés tout le long et les japonais ne reviennent pas en arrière pour essayer de porter secours à un soldat blessé et il y en avait des qui étaient déjà mort, ça ne servait à rien de les trainer partout. Il y avait l’odeur pénétrante des cadavres qui pourrissaient.

Quand les japonais ont capitulé, j’étais en file à l’extérieur sur la route à Rangoon pour emmener un petit groupe. On avait une, on avait cinq jeeps spécialement équipées avec toutes sortes d’outils, et de l’artillerie pour les transports et tout ce genre de choses. Et la 80ème brigade (infanterie indienne), dont on faisait partie, devait participé en tant que, pour l’un des groupes, à faire un débarquement en Malaisie, pour couper la route aux japonais jusqu’à Singapour et pour qu’ils soient complètement pris au piège.

En tout cas, on a vu en vrai l’avion de la reddition japonaise peint en blanc arriver à Rangoon, et à ce moment-là, ils ont immédiatement changé notre destination et dès l’instant où les japonais ont signé la reddition, on nous a fait embarqué à bord d’un bateau et on est parti pour Singapour. On a débarqué à Singapour, juste un arrêt pour refaire le plein de carburant, et puis on a continué jusqu’à Saigon. Et la 20ème division indienne tout entière est partie à Saigon et on était la force d’occupation là-bas. Les seuls prisonniers de guerre avec qui j’ai été en contact c’était des prisonniers japonais parce que j’ai mon portrait. Je suis en train de le regarder juste là, une aquarelle peinte par un prisonnier de guerre japonais. Et je ne sais pas comment j’ai découvert son talent de peintre mais, pour eux, c’était une bonne occasion de sortir des camps prison où ils étaient et de faire des travaux. Et j’avais l’habitude de lui donner des cigarettes, je ne fume pas, mais j’en avais, la Croix Rouge nous envoyait des provisions, et je lui donnais des cigarettes et il se croyait au paradis.

Et la difficulté qu’on avait c’était de trouver des couleurs. J’ai envoyé quelques uns de mes soldats à la recherche et ils ont trouvé ce qu’on aurait appeler en Angleterre une boite de couleurs à six sous. De la peinture à l’eau, vous savez, vous avez un pinceau et vous avez les godets de peinture de différentes couleurs dans un truc et on en a trouvé une sur un marché, on l’a achetée et avec ça, il a peint le tableau que je suis en train de regarder là maintenant.

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