Témoignages d'anciens combattants:
Jim McPhee

Forces aériennes

  • Certificat de Libération de Jim McPhee daté du 21 novembre 1945, quand il a été honorablement déchargé.

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  • Jim McPhee en uniforme en 1945.

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  • Groupe du I.T.S No. 7 RCAF à Saskatoon, Saskatchewan, en septembre 1943.

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  • Pages du carnet de bord de Jim McPhee dans lequel il a écrit toutes ses opérations de combat et son temps dans les airs, 1944.

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  • Page provenant du carnet de bord de Jim McPhee, dans lequel on peut trouver une certification de ses qualifications en tant qu'artilleur aérien, 1944.

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Écoutez ce témoignage

"« Je me suis rendu compte que j’étais en chute libre. Alors j’ai tiré sur mon câble d’ouverture et quelques secondes après, j’ai atterri sur un toit avant de débouler dans une cour pavée. »"

Transcription

Le 21 novembre (1944), on nous a envoyés à Castrop-Rauxel (Allemagne) pour bombarder une raffinerie de pétrole et on volait à 22 000 pieds d’altitude. Pendant le trajet, j’ai eu des problèmes avec mon système électrique. Ma combinaison de vol chauffante m’a quasiment brûlé. Alors j’ai dû couper le circuit. Je pense qu’il faisait moins 50 (degrés Celsius) là haut et quand on est arrivé près de la cible, on avait très froid.

Au passage de bombardement, j’ai vu qu’on allait être se faire prendre pour cible dans le faisceau des projecteurs et j’ai suggéré une manœuvre d’évitement au pilote mais il a dit qu’on était dans le passage de bombardement et qu’il ne voulait pas entendre qui que ce soit d’autre que le bombardier. Et alors on a largué les bombes sur la cible ; les projecteurs à faisceau étroit nous ont atteints et on était entouré de la lumière la plus intense qu’on puisse imaginer. Les projecteurs ont été éteints et on a essayé désespérément de rechercher des avions ennemis et j’en ai repéré un, c’était soit un Junker 88 ou un Messerschmitt 110 là sur le côté gauche de l’avion. J’ai pensé que c’était peut-être un leurre, j’ai chargé le mitrailleur dorsal de s’en occuper et j’ai continué à explorer le ciel.

Juste après ça, il y a eu des balles traçantes qui sont arrivées par l’arrière et par en dessous. Et je pouvais voir les stabilisateurs arrières, l’avion était en train de se désintégrer. Et je les ai entendus dire que le mitrailleur dorsal avait été blessé et qu’il saignait et il y a eu une autre attaque avec les balles traçantes qui sont entrées et ont fait encore plus de dégâts et j’ai été soudain heurté par quelque chose sur le côté de la tête. Juste après ça, je tombais avec une sensation de grand vent autour de moi. Ma combinaison de vol était sortie de mes bottes d’aviateur et elle me remontait en battant autour de mon visage et j’ai compris que j’étais en chute libre, j’ai tiré sur ma commande d’ouverture de parachute et à peine plus tard, j’ai atterri sur un toit, et je suis sorti dans une cour pavée.

Je pouvais voir que j’étais dans un petit village dans une vallée et il y avait une forêt sur le flanc d’une colline. Et je me suis échappé par là et suis resté caché toute la nuit. Pendant toute la semaine qui a suivie, j’ai parcouru l’Allemagne en essayant de trouver le chemin pour aller à Arnhem (Pays-Bas) parce qu’on était près de là, on pouvait à entendre le bruit de l’artillerie là-bas. J’étais à ce moment-là, je savais que j’étais près de Düsseldorf et, mais après avoir erré dans la neige, il a plu et il a neigé et la température était inférieure à zéro, je suis allé dans une grange pour me réfugier parce que j’étais presque à bout. Quand j’étais là, le chien du fermier a alerté le fermier et lui et moi on s’est retrouvés face à face mais il avait plus peur de moi que moi de lui. Mais je lui ai fait comprendre que je n’avais pas d’armes et il m’a en fait emmené dans la maison et il a pu voir que je souffrais beaucoup. Il y avait deux jeunes adolescentes là-bas qui m’ont aidé à me débarrasser de mes vêtements d’extérieur et elle les ont pris et les ont étalés pour le faire sécher. Ils m’ont donné un petit-déjeuner très satisfaisant qui était le bienvenu et après une heure environ, la Wehrmacht, l’armée allemande, a débarqué et on m’a escorté jusqu’à la ville de Düsseldorf, au poste de police.

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