Ressources Éducatives:
Mémoires Continues

Lorsque les orateurs du Projet Mémoire se présentent à leurs engagements, on leur demande souvent d’apporter des artéfacts ou des photos de leur expérience militaire à partager avec les spectateurs. Ces artéfacts peuvent être une pierre, une roche, la photo d’un être cher, une carte postale, une épinglette, un casque, ou toute autre chose.

Ce témoignage de Mémoires Continues, qui nous provient de la fille de Leo Pantaleo, Teri Osler, raconte comment un artéfact peut apporter une signification et des souvenirs aux familles et aux autres soldats qui ont combattu.

La montre de poche

« Le devoir d’un soldat, s’il est capturé, est de tenter de s’échapper. »

En août 1942, mon père a pris part au débarquement de Dieppe. Le résultat a été désastreux : lui et beaucoup d’autres soldats canadiens n’ont eu d’autres choix que de se rendre. Capturés par les Allemands, mon père et ses camarades sont devenus prisonniers de guerre.

Au sein du camp de prisonnier dans lequel ils se trouvaient, mon père et les autres prisonniers ont passé du temps à troquer et à commercer avec les autres prisonniers. C’est par un échange que mon père a obtenu sa montre de poche. Au lieu du bouton d’ajustement usuel situé au sommet, la montre venait avec une petite clef reliée par une chaîne. Cette montre est devenue un objet de valeur que mon père a conservé alors qu’il préparait son évasion.

Avant une de ses tentatives d’évasion, il a confié la montre à un camarade prisonnier, un sergent, pour qu’il la garde en sûreté. Au départ, le plan a été un succès, mais mon père a été capturé de nouveau, et amené à un autre camp pour les prisonniers de guerre. Le sergent et lui ont perdu contact.

Mon père n’a jamais été capable d’entrer en contact de nouveau avec le sergent, après la guerre, et il a fini par oublier sa montre de poche. Trente-cinq ans plus tard, lors d’une réunion des prisonniers de guerre de Dieppe, le sergent, qui avait également survécu à la guerre, a retrouvé mon père. Il avait tenu sa promesse et avait gardé la montre de poche en sécurité pendant toutes ces années, jusqu’au moment où il a enfin pu la redonner.

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Les Mémoires Continues de ce mois-ci soulignent un héros de la Deuxième Guerre mondiale avec un lien avec la #NHL. Nous sommes reconnaissants envers sa famille et sa nièce Debbie d’avoir gardé son histoire en vie.

Le sergent Moe Hurwitz était « un homme à l’allure féroce », selon ceux qui ont combattu avec lui. Il commandait un escadron de blindés au sein du 22e Régiment blindé canadien lors de leur avancée en France et aux Pays-Bas. Connu pour son courage sous le feu ennemi, il a refusé des promotions pour rester avec son escadron, gagnant la loyauté et le respect de ses hommes.

Hurwitz était dévoué à la cause alliée. Il était un athlète de haut niveau, repêché par les Bruins de Boston en 1939, mais il a mis de côté une carrière en tant que premier joueur juif dans la LNH pour s’enrôler et combattre le fascisme.

Son régiment et lui ont servi lors de certaines de pires batailles en France; son Régiment a mené l’avancée canadienne à travers de la brèche de Falaise, en poursuivant l’armée allemande qui fuyait. Il a été récompensé de la Médaille militaire pour avoir capturé et tenu une position allemande, ce qui ouvrait une brèche d’un kilomètre dans les défenses allemandes.

Le courage de Hurwitz a été largement reconnu. Le capitaine de son Régiment, R.B. Verner, raconte comment, un jour, durant la Bataille de l’Escaut en Belgique, le sergent Hurwitz a mené ses troupes à travers des escarmouches de maison en maison, armé seulement d’un pistolet, capturant plus de vingt-cinq soldats allemands et sauvant son lieutenant d’un blindé en feu. Pour ces actes et bien d’autres, Moe a reçu la Médaille de conduite distinguée.

Tragiquement, Hurwitz n’a pas survécu à la guerre. Lors d’une avancée dans les Pays-Bas, Moe menait l’avant-garde de son unité lors d’une attaque de nuit risquée contre une position allemande. Le blindé de Moe a été séparé de son escadron. Pris au piège, Moe et son unité se sont battus contre un ennemi beaucoup plus nombreux. Le Régiment de Moe, forcé de continuer sa poursuite de l’armée allemande, a été incapable de découvrir ce qui lui était arrivé, et il a été mis sur la liste des Disparus au combat. Ce n’est qu’en 1946 que sa famille et ses amis ont découvert la fin de son histoire.

Le sergent Hutwitz, qui portait fièrement l’Étoile de David sur sa plaque d’identité en signe de sa foi juive, est mort dans des circonstances mystérieuses dans un hôpital militaire allemand, près de Dordecht, en Hollande. Il n’a pas été officiellement annoncé à la Croix Rouge comme prisonnier de guerre, ce qui était obligatoire. Moe est mort à l’âge de 25 ans, laissant une impression durable sur ses amis, sa famille et ses collègues soldats.

Son héritage n’a pas été oublié. Sa nièce Debra Hurwitz écrit que, tout comme « oncle Moe », la nouvelle génération de Hurwitz est forte et courageuse lors des crises et a les cheveux foncés et les épaules larges. Des générations plus tard, Moe Hurwitz vit toujours dans les souvenirs et dans la mémoire de sa famille et de ses camarades.

Faites connaissance avec le frère de Moe Hurwitz, Harry Hurwitz.

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