Témoignages d'anciens combattants:
Bernard McNicholl

Forces aériennes

  • Les vestiges d’un bombardier-torpilleur détruit la nuit du 3 au 4 mars 1945 prêt de la RAF (station de la Royal Air Force) Foulsham, Norwich, Angleterre, la station d’attache de l’Officier d’Equipage Bernard McNicholl's, Escadron n°192.

    Bernard McNicholl
  • L’ Officier d’Equipage Bernard McNicholl (troisième àgauche) pose avec ses équipiers de l’escadron n°192, mars 1945.

    Bernard McNicholl
  • Blason d’escadron, Escadron n°192, Royal Air Force.

    Bernard McNicholl
  • L’ Officier d’Equipage 2-Artilleur Aérien, Bernard McNicholl posant devant la tourelle du bombardier Halifax dans lequel il volait lorsqu’il servait l’escadron n°192, Royal Air Force.

    Bernard McNicholl
  • Bernard McNicholl à Chilliwack, Columbie-Britannique, le 19 octobre 2010.

    Historica Canada
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"Mais c’était effrayant, je suppose, mais on était jeunes et on était juste, je ne sais pas, on effectuait juste un travail, on était habitués à ça"

Transcription

On est allés là-bas en janvier 1944. Mais on nous a envoyés dans un escadron de service spécial, le 192ème escadron (RAF), groupe 100. Notre escadron faisait ce qu’on appelait de la collecte d’information électronique et on captait toutes les fréquences radio et radar des stations au sol et des chasseurs de nuit (allemands). On était l’un des nombreux escadrons du Bomber Command, mais le seul à faire de la collecte d’information électronique. Ce qui se passait c’était, on détectait toutes les fréquences radar et ça prenait aux boches environ une semaine pour les changer toutes. Donc entre temps, nos escadrons de brouillage accompagnaient la principale force de bombardement ou alors on faisait des raids aériens bidon comme ils les appelaient, en d’autres termes, on essayait d’éloigner les chasseurs de la force principale et de les diriger sur le raid bidon, et parfois ça faisait de nous la cible principale, et on divisait les forces de chasse.

Mon équipage, on a réussi à faire une série de vols opérationnels complète. Bon en fait, celle qui sort du lot, ce n’était pas un grand combat, c’était, comme je l’ai mentionné, on a volé en tire-bouchon ce qui veut dire que j’ai essayé de tourner et de faire un virage incliné dans une direction et de plonger. Tourner, virer, plonger. Et puis quand vous arriviez en bas à vitesse maximum en piqué, vous changiez l’inclinaison pour aller à 60° dans l’autre sens. Et n’oubliez pas, un chasseur peut seulement vous avoir quand il a sa plateforme de tir, c’est à dire ses ailes, braquée sur vous. Alors quand vous volez en tire-bouchon, il ne peut pas vraiment vous tirer dessus. En général vous arrivez à avoir un tir correct sur eux, et c’est parce que le reste du temps, vous vous tenez la tête en bas et tout le reste qui suit et vous n’êtes pas, vous ne pouvez pas bien tirer quand l’appareil qui vous attaque n’est pas là. Mais n’oubliez pas, la nuit, vous ne voyez pas un avion à plus de 400 mètres et notre rayon d’action était programmé sur 400 mètres. Mais comme dit le dicton, si vous ne pouvez pas les atteindre, vous pouvez au moins leur faire peur.

Mais comme je l’ai mentionné, on ne tirait pas à moins d’être vraiment obligés. En général quand vous voyiez un chasseur, le premier qui voyait l’autre c’était lui qui l’avait. Mais ensuite les boches sont arrivés avec, et ils ont fait ça en 1943 pour commencer, mais ils ne l’ont pas vraiment montré avant 1944. On avait mentionné qu’on avait vu des tirs qui arrivaient par en dessous (au Bomber Command). Et ils ont répondu, bon, c’est tout simplement qu’il se tient sur la queue ou quelque chose comme ça. Mais il s’est avéré que les boches avaient monté sur leurs avions de chasse des canons qui tiraient vers le haut. Alors ils se mettaient en dessous de vous et ils ont appris à tirer sur le réservoir d’essence entre les ailes parce que si on tire sur vos soutes à bombes, en particulier si vous transportez des bombes de 360 kilos, il partait lui aussi. Et en plus d’autres appareils dans l’écran du bombardier.

Mais alors cette fois-ci, avec les opérateurs radar, ils pouvaient eux aussi voir tout ce qui se passait autour d’eux. Mon opérateur radar a crié, il dit, il y a un chasseur qui arrive sur nous. J’ai demandé, où est-il ? Et il répond, quart tribord bas. Tout de suite, j’aurais dû y penser parce qu’on était au courant des canons qui tiraient en l’air et alors j’ai dit, tire-bouchon tribord, go, go, go. Et c’était tout. On n’avait pas tout le baratin de l’entrainement : chasseur, chasseur, bâbord quart haut ou n’importe quoi. De cette manière, quand on le voyait, c’était généralement bâbord go, go, go ou tribord go, go, go.

Je suis descendu en criant comme un damné et le mitrailleur dorsal a dit, qu’est-ce que c’était ? Et je vois, et il s’est juste mis à hurler un Me110 (bombardier lourd allemand). Je parie qu’il n’était pas à plus de 3 mètres de nous et je suis pratiquement certain qu’il est rentré à la maison directement pour nettoyer son pantalon. Mais le capitaine a dit, qu’est-ce que c’était ? Je dis, j’ai une bonne nouvelle pour toi, capitaine, et une mauvaise nouvelle. Il a dit, c’est quoi la bonne nouvelle ? On s’est pratiquement pris un Me110. Et il a dit, bon, et la mauvaise nouvelle c’est quoi ? Le Me110 a été à deux doigts de se prendre un Halifax (bombardier lourd). Mais c’était effrayant, je suppose, mais on était jeunes et on était juste, je ne sais pas, on effectuait juste un travail, on était habitués à ça. Nos chances de survivre à une série complète de vols dans le Bomber Command n’étaient pas bonnes. Même si quand j’ai commencé, c’était un peu mieux. Mais même, même en 1945, entre le 1er janvier et le 2 mai 1945, on a perdu 600 bombardiers. Nos effectifs à ce moment-là, on avait un potentiel de 1600 appareils. Et de ces 1600 bombardiers, vous pouvez sans doute en avoir un millier dans le ciel pour un raid.

Date de l'entrevue: 19 octobre 2010

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