Témoignages d'anciens combattants:
Conrad A. Tremblay

Armée

  • Des soldats non-identifiés travaillant avec Conrad Tremblay à Aurich en Allemagne pendant l’Occupation de l’Allemagne. Juin 1945.

    Conrad Tremblay
  • Conrad Tremblay (premier à gauche) assis avec avec des camarades à Aurich en Allemagne pendant l’Occupation de l’Allemagne. Juin 1945.

    Conrad Tremblay
  • Conrad Tremblay à Aurich en Allemagne en juin 1945.

    Conrad Tremblay
  • Livret de Service et de Paie du soldat Conrad Tremblay, 1944.

    Conrad Tremblay
  • Certificat de réforme de Conrad Tremblay de l'Armée Canadienne, 1946.

    Conrad Tremblay
Agrandir l’image
Écoutez ce témoignage

"Il y avait une resserre à légumes et j’entendais des voix là-dedans et je suis allé dans cette resserre et la famille toute entière dans la resserre, était en train de faire des prières. On leur avait dit qu’on était des gens atroces. Avec le peu d’allemand que je connaissais, je leur ai dit que tout allait bien, qu’ils pouvaient sortir, qu’on n’allait pas leur faire le moindre mal."

Transcription

Bon, en juillet 1943, je suis allé à Thunder Bay (Ontario) et j’ai essayé de m’enrôler dans l’armée à ce moment-là et on ne m’a pas accepté parce qu’il me fallait la permission de mes parents pour m’engager car je n’avais pas 18 ans. Alors il n’y avait pas la moindre chance pour que ma mère me donne la permission de toute façon. Alors ensuite en juillet 1944, j’avais plus de 18 ans, j’y suis allé me faire enrôler le 27 juillet et j’ai été accepté et on m’a donné sept jours pour mettre mes affaires en ordre. J’ai commencé mes classes le 15 août. J’avais Philippe Apps comme caporal, caporal à l’entraînement, j’ai fini mes classes le 30 septembre, suis parti faire l’entraînement complémentaire, Camp Ipperwash (Ontario), j’ai terminé en décembre 1944, on m’a donné une permission de sept jours, je suis retourné au camp, j’ai fait mes bagages et suis parti sur la côte Est pour attendre un bateau qui nous emmene en Angleterre.

Puis on a été envoyé sur le continent et stationnés à Gand pendant une semaine. Pendant qu’on était là-bas, j’ai dormi à côté d’un soldat qui avait contracté la diphtérie. Alors on m’a mis en quarantaine pendant deux jours. Ils m’avaient dit que ça allait être pour sept jours mais je n’y ai passé que deux jours. Ensuite envoyé sur les lignes de front et j’ai rejoint le Royal Hamilton Light Infantry et ils étaient à la lisière de la forêt de Hochwald, juste avant Xanten (Allemagne). Avancé jusqu’au Rhin, reparti dans le cantonnement dans la forêt de Hochwald pendant deux semaines en préparation de la traversée du Rhin.

Traversé le Rhin au début du mois de mars à Rees. Puis on a marché jusqu’en Hollande, avons eu quelques escarmouches, une en traversant le canal de Twente. Puis la ville d’Assen. On a eu un moment difficile pour prendre la ville de Groningen. Et puis on nous a retirés de la ligne pour prendre du repos. Le repos n’a duré qu’une journée. Ensuite on a été emmenés en camion en Allemagne juste à l’extérieur de Brême, et plus loin vers Oldenbourg. On avançait et on s’est retrouvé sous le feu d’un tireur isolé et on savait qu’il y avait une ferme juste devant nous. Alors le commandant du peloton m’a demandé de prendre ma section et d’aller inspecter cette ferme. Alors quand je me suis retourné, il y a eu un coup de feu, je ne savais pas ça et ensuite le gars derrière moi a hurlé et attrapé sa jambe et il avait été blessé à la jambe. La balle avait traversé mes sacoches et était allée se loger dans sa jambe, elle n’est pas ressortie. C’était la seule fois où j’ai été aussi proche d’une vraie balle, pour ce que j’en sais en tout cas.

Alors j’ai avancé et je suis entré dans la maison et il n’y avait pas âme qui vive là-bas. Et puis en sortant, il y avait une resserre à légumes, on était dans une région agricole, il y avait une resserre à légumes et j’entendais des voix là-dedans et je suis allé dans cette resserre et la famille toute entière dans la resserre, était en train de faire des prières. On leur avait dit qu’on était des gens atroces. Avec le peu d’allemand que je connaissais, je leur ai dit que tout allait bien, qu’ils pouvaient sortir, qu’on n’allait pas leur faire le moindre mal. Alors j’ai dit qu’il y avait plus de chances qu’ils se fassent tirer dessus par les allemands que par nous.

Follow us