Témoignages d'anciens combattants:
Arnold “Mac” McCourt

Armée

  • Sgt Arnold McCourt, commandant de l'équipage de la troupe tank, debout à côté d'un nouveau char apparu dans le régiment Trois-Rivières, juste avant de quitter Leghorn, Italie, pour l'Europe du nord ouest, à la fin de 1944.

    Arnold McCourt
  • Arnold McCourt quand il s'est enrôler pour la première fois en juin 1941.

    Arnold McCourt
  • Régiment Trois-Rivières au Vatican, Italie, 1944.

    Arnold McCourt
  • Équipage de la troupe des tanks, 1944.

    Arnold McCourt
  • Arnold McCourt à Florence, Italie, en permission à l'Université de Florence quand il suivait l'opéra, 1944.

    Arnold McCourt
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Écoutez ce témoignage

"« Nous aurions pu tout faire exploser, mais Montgomery voulait des combats corps à corps et disait que les Canadiens feraient parfaitement l’affaire. »"

Transcription

Et on a fait un débarquement en Sicile dans la matinée et on nous a débarqués sous l’eau, complètement à couvert. Et ça s’est très bien passé parce que les allemands ne pensaient pas que quelqu’un serait assez stupide pour aller quelque part avec un temps pareil. Bien sûr, c’est ce qui nous a donné l’avantage. Et on les a bien eus parce qu’on est arrivés en avance sur eux et ils ne s’attendaient pas à ça. Alors on a suivi notre programme en Sicile pendant une vingtaine de jours et puis on est partis pour le sud de l’Italie, on est montés par là et jusqu’à Ortona, et une fois à Ortona, ça a été la pagaille complète parce que le général anglais, le Général Montgomery, il a dit, Ortona ça va être dur, les chars allemands Panzer sont là et les parachutistes allemands. Alors il a dit, on va envoyer les canadiens et il a dit, et ils vont faire du combat corps à corps, ils sont coriaces. Or, on aurait pu faire exploser l’endroit et le rayer de la carte mais Montgomery voulait du combat corps à corps. Il disait que les canadiens allaient s’en occuper. Et on y est allés et on a perdu beaucoup d’hommes sans raison et ainsi de suite, mais ça c’est passé comme ça pendant tout la guerre. On est monté au nord en direction de Bologne et dans les montagnes là-bas, on s’est retrouvés coincés par la neige pendant un mois et le froid avec des uniformes d’été, pas de vêtements d’hiver et un mètre de neige. Et ma troupe est restée là pendant trois semaines, avant d’être relevée. Et bien sûr, on n’est jamais sortis du char et toutes les trois nuits, on retournait pour les rations, l’essence et les munitions. Et l’adversaire envoyait des bombes à éclatement aérien toutes les huit minutes environ et puis on devait faire attention car j’ai perdu un homme là-bas, le Caporal Garrett, c’était un gars de l’ouest, il ne pouvait pas rester plus longtemps enfermé dans les chars, il était plus grand que le reste d’entre nous. Et il lui fallait juste sortir et bouger et dès qu’il est sorti, ils ont envoyé une bombe fusante et ils l’ont tué. Alors finalement, ils nous ont envoyé la relève et j’ai eu droit à deux semaines à l’université de Florence, ça a été fantastique. Et quand on est revenus après la journée à l’université, ce type m’a appelé et il a dit, aimerais-tu aller à l’opéra, Le Barbier de Séville se jouait et ça venait juste de commencer. Et les boutiques et tout le reste étaient en train de rouvrir à ce moment-là. Et parce que toute l’activité avait lieu à une trentaine de kilomètres plus au nord. Alors on est allés voir Le Barbier de Séville, qui était fantastique. La musique et tout le reste c’était incroyable. On a adoré ça parce que quand les gens dans la fosse, l’orchestre, ils étaient italiens évidemment et ils se fâchaient les uns après les autres s’ils faisait un geste déplacé et qu’ils se cognaient avec leurs archets et leur violons et ainsi de suite. Mais quand ils ont commencé et que les lumières se sont éteintes, tout s’est bien passé. Donc on a vu l’opéra : Le Barbier de Séville, et c’était vraiment quelque chose ; je n’avais jamais été à l’opéra de ma vie.
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